Seigneur, On vit dans un monde qui va vite, trop vite. On juge avant de comprendre, on condamne avant d’écouter, on veut arracher l’ivraie sans prendre le temps de regarder si on ne va pas blesser le bon grain autour.

Apprends-nous ta patience, Seigneur. Toi qui laisses le temps au temps, toi qui crois encore en l’homme même quand l’homme se perd, apprends-nous à ne pas désespérer des autres, et surtout, à ne pas nous désespérer nous-mêmes.
Parce qu’on le sait bien, au fond : il y a du bon grain et de l’ivraie en chacun de nous. Il y a des jours où on fait le bien presque naturellement, et des jours où on laisse la jalousie, l’orgueil, le mensonge s’installer tranquillement comme si c’était normal.
Donne-nous la lucidité de voir ce qui pousse vraiment en nous. Donne-nous le courage d’arracher ce qui nous abîme, de prendre soin de ce qui est beau, de ce qui est juste, de ce qui est vrai.
Et rappelle-nous, Seigneur, que le jugement t’appartient. Pas à nous. Libère-nous de cette tentation de faire la police des âmes, de décider qui mérite quoi, de nous poser en arbitres de la vie des autres.
Aide-nous plutôt à nous concentrer sur notre propre champ, à y semer de la bonté, de la compassion, de l’honnêteté, à y faire pousser quelque chose qui en vaille la peine.
Et quand vient la moisson, que tu puisses trouver en nous quelque chose qui ressemble à ce que tu espérais quand tu nous as créés. Amen.

Laisser un commentaire