On entend souvent cette image d’un Dieu sévère, assis sur son trône, qui décide froidement d’envoyer les uns au paradis et les autres en enfer, comme un juge qui distribue des peines. Et cette image fait peur. Elle a fait fuir beaucoup de gens de l’Église. Elle a fait croire que Dieu était une sorte de tyran cosmique qui attendait qu’on trébuche pour nous punir.

Mais ce n’est pas ça, le Dieu de Jésus. Ce n’est pas ça du tout.

Quand on lit l’Évangile sérieusement, on comprend que Dieu ne condamne pas. Il propose. Il invite. Il offre. Il tend la main en permanence, même quand on lui tourne le dos, même quand on l’ignore, même quand on fait exactement le contraire de ce qu’il nous demande. C’est nous qui choisissons. C’est nous qui décidons, par nos actes, par nos habitudes, par ce qu’on devient au fil des années, de nous rapprocher ou de nous éloigner de lui.

L’enfer, dans la tradition chrétienne authentique, ce n’est pas une prison où Dieu enferme ceux qui l’ont énervé. C’est l’état de quelqu’un qui a dit non à l’amour jusqu’au bout, qui a refermé toutes les portes, qui a choisi de vivre replié sur lui-même, dans l’égoïsme total. C’est le résultat d’une liberté exercée à l’envers.

Et ça, on peut le voir dès ici-bas. On connaît tous des gens qui se sont construits une sorte d’enfer personnel. À force de rejeter les autres, de nourrir la haine, de vivre dans le mensonge ou dans l’indifférence, ils se sont enfermés dans une solitude glaciale. Personne ne les a condamnés de l’extérieur. C’est leur façon d’être qui a produit cet isolement.

Dieu, lui, il reste là. Il n’abandonne pas. Il continue d’appeler, de frapper à la porte, comme dit l’Apocalypse. Mais il ne force pas. Parce que l’amour, par définition, ne peut pas se forcer. Un amour imposé, ce n’est plus de l’amour.

Alors la vraie question, ce n’est pas : « Est-ce que Dieu va me condamner ? » La vraie question, c’est : « Est-ce que moi, je choisis de m’ouvrir à ce qu’il m’offre ? » Parce que c’est là que tout se joue. Dans ce choix quotidien, dans cette orientation profonde qu’on donne à notre vie, dans ce qu’on décide de cultiver en nous-mêmes.

Dieu ne nous met pas en enfer. C’est nous qui choisissons ou non d’y entrer.

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