L’Evangile
« De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde » (Mt 13, 36-43)

Alléluia. Alléluia.
La semence est la parole de Dieu,
le semeur est le Christ ;
celui qui le trouve demeure pour toujours.
Alléluia. (cf. Mt 13, 4.23)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
laissant les foules, Jésus vint à la maison.
Ses disciples s’approchèrent et lui dirent :
« Explique-nous clairement
la parabole de l’ivraie dans le champ. »
Il leur répondit :
« Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
le champ, c’est le monde ;
le bon grain, ce sont les fils du Royaume ;
l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ;
la moisson, c’est la fin du monde ;
les moissonneurs, ce sont les anges.
De même que l’on enlève l’ivraie
pour la jeter au feu,
ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l’homme enverra ses anges,
et ils enlèveront de son Royaume
toutes les causes de chute
et ceux qui font le mal ;
ils les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil
dans le royaume de leur Père.
Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »
Sa réflexion
Jésus prend le temps d’expliquer à ses disciples la parabole du bon grain et de l’ivraie. Et franchement, quand on relit ce texte aujourd’hui, on se dit que c’est drôlement actuel. Parce que nous vivons dans un monde où le bien et le mal coexistent en permanence, souvent dans les mêmes espaces, parfois dans les mêmes personnes.
On voudrait que tout soit propre, bien séparé, bien rangé. Les bons d’un côté, les mauvais de l’autre. C’est exactement ce que demandent les serviteurs dans la parabole : « Tu veux qu’on aille arracher l’ivraie ? » Et le maître dit non. Attendez. Laissez pousser ensemble. Parce qu’en voulant faire le tri trop vite, on risque d’abîmer le bon grain.
C’est une leçon de sagesse qui bouscule nos réflexes. On vit à une époque où on juge vite, où on annule les gens sur les réseaux sociaux, où on veut des coupables désignés immédiatement. On a perdu cette capacité à attendre, à laisser du temps au temps, à croire que quelqu’un peut encore changer.
Mais Jésus nous dit aussi quelque chose d’autre, quelque chose qu’on n’entend pas toujours : il y aura une moisson. Il y aura un moment où les comptes seront faits. Pas par nous, pas par nos tribunaux médiatiques, pas par l’opinion publique. Par Dieu. Et ça, c’est libérateur et exigeant à la fois.
Libérateur parce qu’on n’a pas à jouer les justiciers. Exigeant parce que ça nous invite à regarder honnêtement ce qu’on fait pousser dans notre propre champ intérieur. Est-ce que je laisse le bon grain grandir en moi ? Est-ce que je nourris ce qui est bien, ou est-ce que je laisse l’ivraie envahir ma vie à petit feu, sans même m’en rendre compte ?
La question, au fond, elle est là. Et elle mérite qu’on s’y arrête vraiment.

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