Être apôtre du Christ ressuscité aujourd’hui, ça peut sembler une grande expression un peu dépassée. On imagine saint Paul qui traverse la Méditerranée, saint Jacques qui parcourt des routes poussiéreuses. Et nous, on se dit : « Ce n’est pas pour moi, je suis juste quelqu’un d’ordinaire. »

Mais justement, c’est là que ça devient intéressant. Parce que Jésus, dans ce passage de Jean, ne s’adresse pas à des surhommes. Il s’adresse à des gens qui avaient peur, qui étaient enfermés, qui doutaient. Et c’est à ces gens-là qu’il dit : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Il envoie des gens imparfaits, blessés, hésitants. Des gens comme nous.

Alors, être apôtre aujourd’hui, concrètement, ça ressemble à quoi ? Ça ressemble peut-être à ce collègue qui prend le temps d’écouter vraiment, sans regarder son téléphone. À cette maman qui garde la paix dans une situation familiale explosive. À ce jeune qui ne rit pas d’une blague qui blesse. À cette personne âgée qui prie discrètement pour son quartier. Ce ne sont pas de grandes actions, mais elles portent quelque chose de vivant.

Le monde dans lequel on vit aujourd’hui est saturé de bruit, de vitesse, d’images. Les gens cherchent du sens, de l’authenticité, quelque chose de vrai. Et l’apôtre du Christ ressuscité, c’est justement quelqu’un qui porte cette présence vraie. Pas en faisant des discours, pas en imposant quoi que ce soit, mais en rayonnant quelque chose que les autres ressentent sans toujours pouvoir le nommer.

Évidemment, ça demande de rester connecté à la source. On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas reçu. L’apôtre d’aujourd’hui, c’est quelqu’un qui prend du temps pour prier, pour se ressourcer, pour relire sa vie à la lumière de l’Évangile. Pas dans une tour d’ivoire, mais au cœur du monde.

Saint Jacques n’a pas attendu d’être parfait pour suivre Jésus. Il a dit oui, et il a marché. C’est ça, le chemin. Un pas après l’autre, avec ses fragilités, ses questions, et cette conviction au fond du cœur que le Christ est vivant et qu’il marche avec nous.

Alors, oui, nous sommes envoyés. Aujourd’hui. Là où nous sommes.

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