Quand on parle de porter du fruit pour Dieu, on pense tout de suite à une grande réussite, des miracles, des conversions éclatantes. Mais voilà ce que j’observe dans ma vie et chez les autres: le fruit n’est pas seulement ce qu’on peut mesurer, c’est aussi ce qui se fait sans bruit. Porter du fruit pour Dieu, c’est d’abord être vivant, curieux et honnête avec soi-même. C’est se dire: « Est-ce que ce que je fais aujourd’hui fait grandir la vie autour de moi ? » Dans notre monde, où tout va vite et où l’on passe d’une notification à une autre, rester présent pour l’autre, prendre le temps d’écouter une personne qui souffre, offrir un peu de son temps, une parole qui épargne la violence ou l’indifférence, voilà déjà du fruit. Ce fruit-là n’est pas spectaculaire, mais il porte. Il rend les jours plus humains, il allège des fardeaux, il crée du lien.

Porter du fruit pour Dieu, c’est aussi changer notre rapport à la réussite. On peut être bon élève, exceller dans son travail, et pourtant être vide si ce qui anime nos gestes est le désir de façade, l’ego, la comparaison. Le vrai fruit, c’est quand nos talents deviennent des instruments de paix, quand nos compétences deviennent des services: un médecin qui apaise, un enseignant qui transmet avec patience, un voisin qui propose son aide sans attendre reconnaissance. Le fruit de Dieu se mesure moins à la vitesse que l’on produit qu’à l’impact tranquille sur le cœur des autres, au regard que l’on ose poser sur soi-même. Cela peut signifier aussi reconnaître nos limites, accepter d’être lent à comprendre, accepter de demander de l’aide, ou de laisser les autres nous instruire. Dans la vie actuelle, marquée par la pression et le visible, porter du fruit pour Dieu, c’est cultiver des habitudes simples et durables: gratitude, fidélité, tendresse, solidarité. Ce n’est pas une performance; c’est une présence qui reste, qui réchauffe, qui éclaire une route sombre. Le fruit, finalement, c’est la réconciliation qui renaît après une dispute, la patience qui se propose au lieu de la critique, et l’espoir qui se partage, même minime, dans une société qui pousse à l’efficacité sans profondeur. Alors oui, porter du fruit pour Dieu, c’est tout ce qui nourrit la vie des autres et transforme humblement la sienne.

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