L’Evangile

« Celui qui entend la Parole et la comprend porte du fruit » (Mt 13, 18-23)

Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui ont entendu la Parole
dans un cœur bon et généreux,
qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
Alléluia. (cf. Lc 8, 15)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

          En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
  « Écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.
  Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre,
le Mauvais survient
et s’empare de ce qui est semé dans son cœur :
celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin.
  Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux,
c’est celui qui entend la Parole
et la reçoit aussitôt avec joie ;
  mais il n’a pas de racines en lui,
il est l’homme d’un moment :
quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole,
il trébuche aussitôt.

             Celui qui a reçu la semence dans les ronces,
c’est celui qui entend la Parole ;
mais le souci du monde et la séduction de la richesse
étouffent la Parole,
qui ne donne pas de fruit.

          Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre,
c’est celui qui entend la Parole et la comprend :
il porte du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

Sa réflexion

Aujourd’hui, dans ce passage de l’évangile, Jésus parle des paraboles et de ce qu’on entend vraiment, pas seulement ce qui est dit. L’image du terrain, des graines qui tombent sur différentes terres, elle me parle parce que, dans notre vie de tous les jours, on est souvent comme ça: on reçoit des messages, des promesses, des conseils, mais tout dépend de la façon dont on les reçoit et les fait grandir. Il y a des jours où tout semble impeccable: on est motivé, on a envie d’aller jusqu’au bout, et puis il y a d’autres jours où tout s’étiole, où les gestes simples deviennent lourds, où on oublie ce qui semblait important. Le passage insiste sur le sol. Pas sur la graine seulement, mais sur le terrain: la richesse ou la pauvreté du terrain conditionne la vie de la graine. Je pense à nos habitudes quotidiennes, à ce que nous faisons avec notre temps, nos talents, nos relations. Si le sol est dur, rempli de peur, de méfiance, ou de distractions, même une belle graine ne va pas pousser. Si, au contraire, le terrain est préparé par l’attention, la patience, l’ouverture à l’autre, alors la graine peut porter du fruit. Et ce fruit, ce n’est pas nécessairement des résultats spectaculaires: ça peut être une parole bienveillante donnée au bon moment, une persévérance dans une tâche difficile, un geste de réconciliation après une dispute, ou simplement une constance dans la bonté au milieu de la routine. Le texte me rappelle aussi que le temps est un facteur: les semences mettent du temps à pousser, et on n’a pas toujours la vue d’ensemble. Alors, comment prendre soin de notre terrain intérieur? Comment désherber les mauvaises habitudes, nourrir par la prière, par l’écoute des autres, par la gratitude? Peut-être que la vie actuelle, avec ses réseaux, ses urgences, ses plaisirs éphémères, peut facilement faire disparaître l’appel à porter du fruit. Mais ce que dit Jésus, c’est que chacun porte du fruit selon la profondeur de son accueil et de son engagement. C’est une invitation à rester attentif, patient, et humble devant les signes que la vie donne, sans chercher des fruits spectaculaires, mais des fruits qui pardonnent, qui réparent, qui bâtissent du lien. Finalement, il ne s’agit pas seulement de ce que je fait, mais de ce que je suis: un terrain prêt à regarder, à écouter, à aimer.

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