On pourrait croire que c’est une question réservée aux théologiens ou aux gens qui passent leur temps dans les livres. Mais non, c’est une question qui touche à notre vie de tous les jours, à ce qu’on vit concrètement.

Jésus, dans cet évangile, répond de façon surprenante. Sa mère et ses frères attendent dehors, et lui, au lieu de courir les rejoindre, il dit : « Celui qui fait la volonté de mon Père, c’est mon frère, ma sœur, ma mère. » Ce n’est pas un rejet de sa famille biologique, mais une ouverture radicale. La famille de Dieu, c’est une famille qu’on choisit en choisissant une façon de vivre.

Et ça change tout. Parce que dans notre société actuelle, on a souvent une vision assez étroite de la famille. La famille, c’est les gens avec qui on partage l’ADN, les fêtes de Noël, les histoires de famille qu’on se répète depuis des générations. C’est précieux, c’est important. Mais Jésus dit qu’il y a quelque chose de plus grand encore.

La famille de Dieu, c’est celle qui se construit sur des valeurs, sur des engagements. Faire la volonté du Père, c’est concrètement : aimer sans calculer, accueillir sans juger, servir sans attendre de retour. C’est se lever le matin et décider que l’autre, quel qu’il soit, mérite mon respect, mon attention, ma bienveillance.

Dans notre monde où les fractures sociales sont énormes, où les inégalités explosent, où les gens se sentent de plus en plus étrangers les uns aux autres, cette vision est révolutionnaire. La famille de Dieu, ça ne connaît pas les frontières des nations, des classes sociales, des cultures ou des générations. Elle est ouverte à tous, à condition de vouloir entrer dans cette logique d’amour.

Et dans la vie pratique, ça ressemble à quoi ? Ça ressemble à une communauté paroissiale qui accueille vraiment le nouveau venu. Ça ressemble à un groupe de croyants qui se soutiennent dans les épreuves. Ça ressemble à quelqu’un qui visite un voisin seul, qui partage son repas, qui prend le temps d’écouter. Des gestes ordinaires, mais qui font vivre quelque chose d’extraordinaire.

La famille de Dieu grandit chaque fois qu’on choisit l’amour plutôt que l’indifférence. Et cette famille-là, elle est ouverte à tous. Pas besoin d’avoir le bon passeport. Il suffit d’ouvrir les bras.

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