Ouvre-toi, laisse couler

Il y a une image qui revient souvent dans la Bible : l’eau vive. Une source qui jaillit. Quelque chose qui ne peut pas rester enfermé. Et Jésus, un jour, a dit que cette eau-là, c’est lui qui la donne. Que celui qui croit en lui, de son cœur jailliront des fleuves d’eau vive. C’est fort, non ? Pas un petit filet. Des fleuves.

Mais on est honnêtes : la plupart du temps, on ressent plutôt quelque chose comme une source bouchée. La vie spirituelle, ça semble fermé, lointain, compliqué. On a tellement de couches par-dessus : les blessures, les déceptions, le doute, la fatigue, la routine. On a fini par couvrir la source sans s’en rendre compte.

Laisser la vie de Dieu jaillir en nous, ce n’est pas d’abord faire plus d’efforts. Ce n’est pas se lever plus tôt pour prier, faire plus de bonnes actions, être parfait. Non. C’est d’abord accepter qu’on est habités. Que Dieu ne nous regarde pas de loin, depuis un ciel bien éloigné. Il est là, en nous, à l’intérieur, comme une présence qui attend qu’on lui fasse de la place.

Et lui faire de la place, ça commence par s’arrêter. Dans nos journées qui s’enchaînent à toute vitesse, dans le bruit permanent des notifications, des urgences, des sollicitations, s’arrêter est presque un acte révolutionnaire. Prendre cinq minutes. Respirer. Poser ce qu’on porte. Dire : « Seigneur, je suis là. »

Ce n’est pas grand-chose, mais c’est tout. Parce que dans ce silence petit et maladroit, quelque chose se déplace. La source commence à couler.

Et quand cette vie jaillit, elle ne reste pas enfermée. Elle déborde sur les autres. On devient plus doux sans savoir pourquoi. Plus patients. Capables d’écouter vraiment. Capables de pardonner ce qu’on croyait impardonnable. Ce n’est plus nous qui agissons seuls. C’est Dieu qui agit à travers nous, et ça se voit.

Aujourd’hui, dans ce monde dur, abîmé, fatigué, le monde a besoin de gens qui laissent cette source couler. Pas des gens parfaits. Des gens traversés. Des gens qui disent oui à cette vie plus grande qu’eux, et qui n’ont pas peur de laisser Dieu prendre de la place.

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