L’Evangile

« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson » (Mt 13, 24-43)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus proposa cette parabole à la foule :
« Le royaume des Cieux est comparable
à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
    Or, pendant que les gens dormaient,
son ennemi survint ;
il sema de l’ivraie au milieu du blé
et s’en alla.
    Quand la tige poussa et produisit l’épi,
alors l’ivraie apparut aussi.
    Les serviteurs du maître vinrent lui dire :
‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain
que tu as semé dans ton champ ?
D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’
    Il leur dit :
‘C’est un ennemi qui a fait cela.’
Les serviteurs lui disent :
‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’
    Il répond :
‘Non, en enlevant l’ivraie,
vous risquez d’arracher le blé en même temps.
    Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ;
et, au temps de la moisson,
je dirai aux moissonneurs :
Enlevez d’abord l’ivraie,
liez-la en bottes pour la brûler ;
quant au blé, ramassez-le
pour le rentrer dans mon grenier.’ »

    Il leur proposa une autre parabole :
« Le royaume des Cieux est comparable
à une graine de moutarde qu’un homme a prise
et qu’il a semée dans son champ.
    C’est la plus petite de toutes les semences,
mais, quand elle a poussé,
elle dépasse les autres plantes potagères
et devient un arbre,
si bien que les oiseaux du ciel viennent
et font leurs nids dans ses branches. »
    Il leur dit une autre parabole :
« Le royaume des Cieux est comparable
au levain qu’une femme a pris
et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine,
jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »

    Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles,
et il ne leur disait rien sans parabole,
    accomplissant ainsi la parole du prophète :
J’ouvrirai la bouche pour des paraboles,
je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde
.
    Alors, laissant les foules, il vint à la maison.
Ses disciples s’approchèrent et lui dirent :
« Explique-nous clairement
la parabole de l’ivraie dans le champ. »
    Il leur répondit :
« Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ;
    le champ, c’est le monde ;
le bon grain, ce sont les fils du Royaume ;
l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais.
    L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ;
la moisson, c’est la fin du monde ;
les moissonneurs, ce sont les anges.
    De même que l’on enlève l’ivraie
pour la jeter au feu,
ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
    Le Fils de l’homme enverra ses anges,
et ils enlèveront de son Royaume
toutes les causes de chute
et ceux qui font le mal ;
    ils les jetteront dans la fournaise :
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
    Alors les justes resplendiront comme le soleil
dans le royaume de leur Père.

Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »

Sa réflexion

Jésus nous raconte une histoire qui ressemble vraiment à notre quotidien. Un champ où le bon grain et l’ivraie poussent ensemble. Et les serviteurs, tout de suite, veulent arracher les mauvaises herbes. C’est tellement humain, ça ! On veut du propre, du net, du bien rangé. On veut savoir qui est bien et qui est mal, qui mérite sa place et qui n’en a pas.

Regardez autour de vous. Sur les réseaux sociaux, on passe notre temps à trier les gens. Celui-là, il est fréquentable. Celle-là, elle est toxique. Ce groupe-là, il faut s’en éloigner. On est devenus des experts en classification humaine. Et franchement, ça épuise tout le monde.

Mais le maître dit quelque chose de surprenant : laissez pousser ensemble. Attendez. Ne vous précipitez pas. Parce que dans votre zèle à arracher le mauvais, vous risquez d’abîmer ce qui est bon. Combien de fois, dans nos familles, dans nos communautés, dans nos équipes de travail, on a voulu régler les comptes trop vite et on a tout cassé ? On pensait faire le ménage et on a laissé un désert.

Cette parabole nous dit quelque chose d’essentiel sur la patience de Dieu. Dieu n’abandonne pas son champ. Il croit en ce grain qu’il a semé. Il croit même en nous, dans nos contradictions, dans nos moments où l’ivraie en nous prend de la place.

Et puis il y a la graine de moutarde et le levain. Des choses minuscules. Invisibles presque. Mais qui transforment tout en profondeur, discrètement, sans faire de bruit. Le Royaume de Dieu ne ressemble pas à une révolution fracassante. Il ressemble à quelqu’un qui fait du bien sans se vanter, qui tient bon dans la difficulté, qui continue d’aimer même quand c’est compliqué.

Alors peut-être que notre mission, c’est moins de trier et plus de faire confiance. Moins de juger et plus de laisser grandir. C’est ça, vivre en disciples aujourd’hui.

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