L’Evangile

« Il leur défendit vivement de parler de lui. Ainsi devait s’accomplir la parole d’Isaïe » (Mt 12, 14-21)

Alléluia. Alléluia.
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    une fois sortis de la synagogue,
les pharisiens se réunirent en conseil contre Jésus
pour voir comment le faire périr.
    Jésus, l’ayant appris, se retira de là ;
beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous.
    Mais il leur défendit vivement
de parler de lui.
    Ainsi devait s’accomplir
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
    Voici mon serviteur que j’ai choisi,
mon bien-aimé en qui je trouve mon bonheur.
Je ferai reposer sur lui mon Esprit,
aux nations il fera connaître le jugement.
    Il ne cherchera pas querelle, il ne criera pas,
on n’entendra pas sa voix sur les places publiques.
    Il n’écrasera pas le roseau froissé,
il n’éteindra pas la mèche qui faiblit,
jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement.
    Les nations mettront en son nom leur espérance.

Sa réflexion

Les pharisiens sortent de la synagogue et ils complotent déjà pour faire mourir Jésus. C’est assez choquant quand on y pense. Des gens qui se disent religieux, qui observent la loi à la lettre, et qui planifient un meurtre. On pourrait croire que ça, c’est loin de nous. Mais en fait, non. Combien de fois dans nos vies, on a vu des gens se servir de leur position, de leur autorité, de leurs convictions pour écraser quelqu’un qui les dérange ? Ça arrive dans les familles, dans les entreprises, dans les communautés, même dans les Églises. Quand quelqu’un dit une vérité qui fait mal, la première réaction, c’est souvent de vouloir le faire taire plutôt que de se remettre en question.

Et Jésus, lui, qu’est-ce qu’il fait ? Il se retire. Il ne monte pas sur les barricades, il ne cherche pas les projecteurs. Il continue son travail, discrètement, au milieu des gens. Il guérit ceux qu’il rencontre, mais il leur dit de ne pas trop en parler. C’est vraiment à contre-courant de ce qu’on valorise aujourd’hui, où tout doit être affiché, montré, validé sur les réseaux sociaux. Jésus, lui, n’a pas besoin de buzz.

Matthieu cite alors Isaïe pour nous dire que Jésus est le Serviteur doux, celui qui ne brise pas le roseau froissé, qui n’éteint pas la mèche qui fume encore. C’est une image magnifique pour notre époque où on a tendance à jeter ce qui est cassé, à remplacer ce qui est fatigué. Jésus, lui, prend soin de ce qui est fragile. Il voit la personne en burn-out, la personne abîmée par la vie, et il ne la laisse pas tomber.

Alors aujourd’hui, la question qui se pose à nous, c’est simple : est-ce qu’on ressemble plutôt aux pharisiens qui veulent éliminer ce qui les dérange, ou au Serviteur qui prend soin de ce qui est blessé autour de lui ?

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