Ça peut sembler étrange, voire même injuste au premier regard. Pourquoi Dieu prendrait-il le parti des petits ? Est-ce qu’il n’aime pas les autres ? Bien sûr que si. Mais l’Évangile nous dit quelque chose de fort : Dieu a une façon bien particulière de se tourner vers ceux que le monde a mis de côté.

Regardez autour de vous. Dans nos villes, dans nos quartiers, dans nos familles même, il y a des gens qu’on ne voit plus vraiment. Le vieux voisin que personne ne visite. La mère célibataire qui jongle entre deux boulots et les enfants. Le jeune en situation précaire qui n’ose plus frapper aux portes. Le malade qui attend des heures aux urgences sans qu’on lui explique quoi que ce soit. Ces gens-là, le monde les met souvent en bas de la liste. Dieu, lui, les met en haut.
Ce n’est pas une idée romantique ou naïve. C’est un fil rouge qui traverse toute la Bible. Dieu sort l’esclave de l’Égypte. Il choisit un petit berger pour être roi. Il envoie son Fils naître dans une étable, pas dans un palais. Il ressuscite non pas pour les puissants, mais pour tous ceux qui espèrent encore. Dieu ne fait pas les choses comme le monde les fait.
Et ça, ça devrait nous déranger un peu. Parce que si Dieu prend le parti des petits, qu’est-ce que ça dit de nous, ses disciples, quand on reste indifférents aux injustices ? Quand on ne lève pas la voix pour ceux qui ne peuvent pas parler ? Quand on choisit le confort plutôt que la solidarité ?
Prendre le parti des petits, comme Dieu le fait, ce n’est pas faire la charité de temps en temps. C’est changer de regard. C’est décider que la valeur d’une personne ne se mesure pas à son compte en banque, à son statut social ou à sa productivité. C’est reconnaître que chaque être humain porte en lui quelque chose d’inviolable, quelque chose que personne n’a le droit d’écraser.
Vivre en chrétien aujourd’hui, c’est ça aussi. Ce n’est pas juste aller à la messe le dimanche. C’est lundi matin, se demander : est-ce que je vois les petits autour de moi ? Est-ce que je fais quelque chose pour eux ? Parce que Dieu, lui, les voit toujours.

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