L’Evangile
« Ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père » (Mt 10, 16-23)

Alléluia. Alléluia.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,
il vous conduira dans la vérité tout entière
et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.
Alléluia. (Jn 16, 13a ; 14, 26d)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus disait à ses Apôtres :
« Voici que moi, je vous envoie
comme des brebis au milieu des loups.
Soyez donc prudents comme les serpents,
et candides comme les colombes.
Méfiez-vous des hommes :
ils vous livreront aux tribunaux
et vous flagelleront dans leurs synagogues.
Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois
à cause de moi :
il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.
Quand on vous livrera,
ne vous inquiétez pas de savoir
ce que vous direz ni comment vous le direz :
ce que vous aurez à dire
vous sera donné à cette heure-là.
Car ce n’est pas vous qui parlerez,
c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.
Le frère livrera son frère à la mort,
et le père, son enfant ;
les enfants se dresseront contre leurs parents
et les feront mettre à mort.
Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ;
mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin,
celui-là sera sauvé.
Quand on vous persécutera dans une ville,
fuyez dans une autre.
Amen, je vous le dis :
vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël
quand le Fils de l’homme viendra. »
Sa réflexion.
On peut voir dans ce passage Jésus envoyer ses disciples comme des brebis au milieu des loups, et leur dire de se comporter avec sagesse et douceur. « Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ». Ça parle d’un chemin fragile, d’un pari sur la confiance et la parole. Dans notre monde d’aujourd’hui, on croise des situations où l’on doit naviguer entre discussion et confrontation, entre honnêteté et prudence. Jésus demande d’être rusés comme les serpents et simples comme les colombes, ce qui sonne comme un équilibre délicat: ne pas chercher la force brute mais la sagesse qui fait tenir debout sans écraser l’autre. Le passage parle aussi de persécution, de traîtrise et de rejet: quand on essaye d’être fidèle, on peut être repoussé, incompris, ou accusé à tort. Et pourtant, il promet que le disciple ne sera pas seul: « ce ne sera pas vous qui parlerez, mais l’esprit de votre Père qui parlera en vous ». Dans notre vie quotidienne, ça peut ressembler à ces moments où l’on manque de mots, où l’on hésite à dire ce qu’on pense, ou au contraire où l’on est tenté de parler trop vite, sans peser les conséquences. Ce texte invite à une confiance active: préparer nos paroles, porter nos convictions sans violence, être prêts à être contredit, sans renier ce que l’on croit juste. On est appelés à rester fidèles, même quand la route est longue et semée d’embûches. Et peut-être que le vrai sens, c’est que la force ne vient pas de nous, mais de Celui qui nous accompagne: l’esprit qui éclaire nos choix et nous donne les mots, au moment juste. Dans cette vie actuelle, où l’on vit sous le regard parfois moralisateur des réseaux et des jugements express, ce message rappelle que la sagesse et l’humilité restent des ressources précieuses.

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