L’Evangile
« Ma fille est morte à l’instant ; mais viens, et elle vivra » (Mt 9, 18-26)

Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ;
il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia. (2 Tm 1, 10)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste,
voilà qu’un notable s’approcha.
Il se prosternait devant lui en disant :
« Ma fille est morte à l’instant ;
mais viens lui imposer la main,
et elle vivra. »
Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples.
Et voici qu’une femme
souffrant d’hémorragies depuis douze ans
s’approcha par derrière
et toucha la frange de son vêtement.
Car elle se disait en elle-même :
« Si je parviens seulement à toucher son vêtement,
je serai sauvée. »
Jésus se retourna et, la voyant, lui dit :
« Confiance, ma fille !
Ta foi t’a sauvée. »
Et, à l’heure même, la femme fut sauvée.
Jésus, arrivé à la maison du notable,
vit les joueurs de flûte
et la foule qui s’agitait bruyamment.
Il dit alors :
« Retirez-vous.
La jeune fille n’est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui.
Quand la foule fut mise dehors,
il entra, lui saisit la main,
et la jeune fille se leva.
Et la nouvelle se répandit dans toute la région.
Sa réflexion
Il y a dans cet évangile quelque chose qui nous touche directement, aujourd’hui, dans nos vies bien remplies et souvent bien compliquées. On a d’un côté un père qui vient se jeter aux pieds de Jésus parce que sa fille vient de mourir. De l’autre, une femme qui souffre depuis douze ans d’une hémorragie, qui a tout essayé, et qui se dit simplement : « Si je touche seulement son vêtement, je serai sauvée. » Deux personnes dans la détresse totale. Deux personnes qui osent quand même.
Et c’est ça qui frappe. Ces deux-là ne se résignent pas. Ils ne restent pas assis dans leur coin à attendre que ça passe. Ils font quelque chose. Ils vont vers Jésus. Avec leur blessure, avec leur désespoir, avec leur foi encore toute fragile. Le chef de synagogue, c’est un homme important, et pourtant il s’agenouille. La femme, elle est marginalisée par sa maladie, considérée comme impure, et pourtant elle avance dans la foule et elle tend la main.
Aujourd’hui, on connaît bien ce genre de situation. On porte des deuils, des maladies longues qui épuisent, des situations qui semblent sans issue. On a l’impression parfois que tout est fermé, que personne ne peut vraiment nous aider. Et on hésite. On se dit qu’on n’est peut-être pas assez croyant, pas assez bien, pas assez quoi que ce soit pour oser s’approcher de Dieu.
Mais Jésus ne demande pas la perfection. Il demande juste ce petit geste de confiance. Même maladroit. Même tremblant. Il répond à celui qui ose s’approcher, quelle que soit sa situation, quelle que soit sa blessure.
Ce que cet évangile nous dit au fond, c’est que Dieu ne recule pas devant notre misère. Il ne reste pas à distance. Il se laisse toucher. Et quand on ose aller vers lui, quelque chose se passe. Quelque chose change. La vie reprend.

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