L’Evangile
« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? » (Mt 9, 14-17)

Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus en disant :
« Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons,
tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
Jésus leur répondit :
« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil
pendant le temps où l’Époux est avec eux ?
Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ;
alors ils jeûneront.
Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve
sur un vieux vêtement,
car le morceau ajouté tire sur le vêtement,
et la déchirure s’agrandit.
Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ;
autrement, les outres éclatent,
le vin se répand,
et les outres sont perdues.
Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves,
et le tout se conserve. »
Sa réflexion
Les disciples de Jean demandent à Jésus pourquoi ses disciples ne jeûnent pas. Et Jésus leur répond avec une image toute simple : on ne pleure pas quand le marié est là ! Le jeûne viendra, mais pas maintenant. Et puis il ajoute deux images qui font réfléchir : on ne coud pas une pièce de tissu neuf sur un vieux vêtement, et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres.
Ce que Jésus dit là, ça nous parle directement aujourd’hui. On est souvent tentés de faire rentrer du neuf dans du vieux, de coller des solutions modernes sur de vieilles mentalités sans rien changer en profondeur. On veut du changement, mais sans vraiment changer. On veut une vie meilleure, mais on garde les mêmes réflexes, les mêmes habitudes, les mêmes façons de voir les autres.
Jésus ne joue pas à ça. Il dit clairement : ce qu’il apporte, c’est quelque chose de radicalement nouveau. Pas un rafistolage. Pas un vernis. Une vie nouvelle qui demande une disponibilité nouvelle. Et ça, c’est exigeant.
Dans notre quotidien, ça ressemble à quoi ? Ça ressemble à accepter de remettre en question nos certitudes, nos jugements trop rapides, nos manières de traiter les autres. Ça ressemble à ouvrir nos cœurs à une façon d’aimer qui dépasse nos petits calculs. Le vin nouveau de l’Évangile, c’est un amour sans conditions, une miséricorde sans frontières, une joie qui ne dépend pas des circonstances.
Est-ce qu’on est prêts à être ces outres neuves ? Est-ce qu’on laisse vraiment Jésus renouveler notre regard, notre façon de vivre en famille, au travail, dans nos quartiers ? C’est ça, la vraie question. Pas juste pratiquer une religion par habitude, mais laisser le Seigneur tout transformer de l’intérieur. Parce que lui, il ne vient pas pour réparer. Il vient pour recréer.

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