Si on devait résumer la mission du Christ en un seul mot, ce mot ce serait peut-être : libérer. Pas au sens politique du terme, pas au sens d’une révolution armée, même si beaucoup de ses contemporains l’espéraient. Libérer au sens profond, intime, radical du mot.

Jésus arrive dans un monde où les gens sont enfermés. Enfermés dans leurs peurs, dans leurs maladies, dans leurs péchés, dans leurs exclusions sociales. Les lépreux sont rejetés. Les femmes sont marginalisées. Les publicains sont méprisés. Les possédés sont abandonnés au bord des chemins. Et Jésus, lui, il va vers tous ces gens-là. Il ne fait pas le tour, il ne prend pas la route qui évite les problèmes. Il va au cœur de la blessure humaine.

Sa mission, elle est annoncée dès le début dans l’évangile de Luc : « Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, proclamer aux captifs la libération. » Ce n’est pas un programme politique. C’est une promesse de transformation intérieure qui a forcément des conséquences extérieures. Quand un homme est libéré de ses chaînes intérieures, il vit différemment, il traite les autres différemment, il construit le monde autrement.

Aujourd’hui, cette mission du Christ est toujours d’actualité. On vit dans une époque où les gens sont libres sur le papier mais souvent prisonniers dans leur tête. Prisonniers du regard des autres, des réseaux sociaux, de la performance, de l’angoisse, du vide. On court, on s’agite, on consomme, et au fond on cherche quelque chose qu’on n’arrive pas à nommer. On cherche à être aimés vraiment, à avoir de la valeur, à exister.

Et c’est exactement là que la mission du Christ prend tout son sens. Il ne vient pas nous proposer une religion de plus, une règle de vie supplémentaire. Il vient nous dire : « Tu as de la valeur. Tu es aimé. Tu n’as pas besoin de te justifier pour exister. » C’est le cœur de l’Évangile. Et cette parole-là, elle libère. Elle libère de la peur, de la honte, du besoin frénétique de prouver quelque chose.

La mission du Christ, c’est aussi de nous envoyer. Il ne libère pas pour qu’on reste assis. Il libère pour qu’à notre tour on aille vers ceux qui souffrent, qui sont exclus, qui se sentent sans valeur. Être chrétien aujourd’hui, c’est continuer cette mission : se lever, aller vers l’autre, et lui dire que sa vie a du prix.

Laisser un commentaire