L’Evangile
« Les foules rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes » (Mt 9, 1-8)

Alléluia. Alléluia.
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus monta en barque, refit la traversée,
et alla dans sa ville de Capharnaüm.
Et voici qu’on lui présenta un paralysé,
couché sur une civière.
Voyant leur foi,
Jésus dit au paralysé :
« Confiance, mon enfant,
tes péchés sont pardonnés. »
Et voici que certains parmi les scribes se disaient :
« Celui-là blasphème. »
Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda :
« Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ?
En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ?
Dire : “Tes péchés sont pardonnés”,
ou bien dire : “Lève-toi et marche” ?
Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme
a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés…
– Jésus s’adressa alors au paralysé –
lève-toi, prends ta civière,
et rentre dans ta maison. »
Il se leva et rentra dans sa maison.
Voyant cela, les foules furent saisies de crainte,
et rendirent gloire à Dieu
qui a donné un tel pouvoir aux hommes.
Sa réflexion
ésus remonte dans une barque, il traverse le lac, et il revient dans sa ville. Et là, on lui amène un paralysé. Pas n’importe comment : couché sur un brancard, porté par d’autres. Déjà, ça dit quelque chose. Cet homme ne pouvait pas venir seul. Il avait besoin que des gens croient pour lui, marchent pour lui, agissent pour lui. Combien de fois dans nos vies, c’est exactement ça qui se passe ? On est paralysés — par la peur, par la honte, par une dépression, par une situation qui semble bloquée — et ce sont les autres qui nous portent. La foi de nos proches, leurs prières, leur accompagnement concret, leur présence silencieuse. C’est beau, et c’est réel.
Mais ce qui surprend dans ce texte, c’est la réaction de Jésus. Il voit la foi de ces gens, et il dit au paralysé : « Courage, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Pas d’abord « lève-toi et marche ». D’abord : tu es pardonné. Comme si la vraie paralysie, c’était à l’intérieur. Comme si la culpabilité, le poids du passé, le sentiment d’être indigne, pouvaient clouer quelqu’un au sol bien plus sûrement que n’importe quelle maladie.
Les scribes, eux, se scandalisent. Ils calculent, ils jugent, ils s’interrogent sur les pouvoirs et les protocoles. Et pendant ce temps, un homme se lève, prend son brancard et rentre chez lui. La vie reprend, simplement.
Aujourd’hui, on vit dans un monde où les gens portent des fardeaux énormes — le stress, les dettes, les relations brisées, les regrets. Et beaucoup se sentent paralysés, coincés, sans issue. L’Évangile dit que Jésus a le pouvoir de toucher exactement ces endroits-là, les plus profonds, les plus cachés. Pas pour faire un spectacle, mais pour remettre quelqu’un debout. Vraiment debout. De l’intérieur.
Et nous, dans tout ça, est-ce qu’on est capables d’être ceux qui portent le brancard ?

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