L’Evangile

« Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? » (Mt 8, 28-34)

Alléluia. Alléluia.
Le Père a voulu nous engendrer
par sa parole de vérité,
pour faire de nous comme les prémices de ses créatures.
Alléluia. (Jc 1, 18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    comme Jésus arrivait sur l’autre rive,
dans le pays des Gadaréniens,
deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ;
ils étaient si agressifs
que personne ne pouvait passer par ce chemin.
    Et voilà qu’ils se mirent à crier :
« Que nous veux-tu, Fils de Dieu ?
Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? »
    Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs
qui cherchait sa nourriture.
    Les démons suppliaient Jésus :
« Si tu nous expulses,
envoie-nous dans le troupeau de porcs. »
    Il leur répondit :
« Allez. »
Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs ;
et voilà que, du haut de la falaise,
tout le troupeau se précipita dans la mer,
et les porcs moururent dans les flots.
    Les gardiens prirent la fuite
et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela,
et en particulier ce qui était arrivé aux possédés.
    Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ;
et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent
de partir de leur territoire.

Sa réflexion

Dans cet évangile, Jésus arrive dans un pays étranger et il rencontre deux hommes possédés par des démons. Ces types-là faisaient tellement peur que personne n’osait passer par là. Et là, Jésus arrive calmement, il prend la situation en main, il libère ces deux hommes. Les démons demandent à aller dans un troupeau de porcs, Jésus le leur permet, et tout le troupeau se précipite dans le lac. Fin de l’histoire ? Non. Parce que ce qui se passe ensuite est vraiment troublant : les habitants de la ville apprennent ce qui s’est passé et au lieu de se réjouir, au lieu de dire merci, ils demandent à Jésus de partir.

Ça, ça nous parle vraiment aujourd’hui. Combien de fois dans nos vies, on préfère rester avec nos problèmes connus plutôt que d’accueillir un changement qui nous dérange ? Ces gens avaient peur certes des possédés, mais quand Jésus débarque et bouscule leur quotidien économique — leurs porcs sont perdus — ils préfèrent qu’il s’en aille. La liberté que Jésus apporte, elle a un coût. Elle oblige à se remettre en question, à lâcher ses certitudes, ses habitudes, ses petits conforts.

On est un peu pareils, non ? On dit qu’on veut changer, qu’on veut aller mieux, qu’on veut une vie plus vraie. Mais quand le changement arrive vraiment, quand il touche nos portefeuilles, nos habitudes, nos zones de confort, on dit : « Non merci, passe ton chemin. » On chasse Jésus comme ces habitants ont chassé le Seigneur.

Pourtant ces deux hommes libérés, eux, ils savent ce qu’ils ont reçu. Leur vie a basculé. Ils n’ont plus peur de rien.

La vraie question c’est : est-ce qu’on laisse vraiment Jésus entrer dans les zones sombres de notre vie, celles qu’on cache, celles qui font peur aux autres ? Ou est-ce qu’on lui dit poliment : « Merci, mais je préfère m’en sortir tout seul » ?

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