
Jean Baptiste, c’est vraiment la figure du passage. Il est là entre deux mondes, entre l’attente et l’accomplissement, entre les anciennes promesses et le commencement d’une histoire nouvelle. C’est pour ça qu’il est si important, parce qu’il ne garde pas la parole pour lui, il ne se met pas au centre, il indique une direction. Dans la vie actuelle, on a aussi besoin de personnes-ponts, de gens qui relient, qui aident à comprendre, qui font le lien entre ce qui a été vécu avant et ce qui peut naître maintenant. Jean Baptiste, dans ce sens, relie l’ancien et le nouveau testament non pas comme deux blocs séparés, mais comme une seule histoire de fidélité et d’espérance. Il montre que Dieu ne casse pas le passé pour faire du neuf ; il accomplit, il transforme, il fait grandir. Et cela nous parle encore aujourd’hui. Nous vivons souvent dans la rupture : génération contre génération, tradition contre modernité, mémoire contre nouveauté. Jean Baptiste nous apprend une autre manière d’habiter le temps. Il faut savoir recevoir ce qui a été transmis, sans s’y enfermer, et accueillir ce qui vient, sans mépriser l’héritage. Sa vie est marquée par l’humilité, par le désert, par la parole juste. Il ne cherche pas à se faire une place, il cherche à préparer une rencontre. Voilà une attitude très actuelle, parce qu’au fond beaucoup de nos relations humaines auraient besoin de moins d’ego et de plus de service. Jean Baptiste nous rappelle que le vrai rôle d’un croyant n’est pas de prendre toute la lumière, mais de rendre visible celui qui sauve. Dans un monde rempli de bruit, il nous apprend la sobriété. Dans un monde pressé, il nous apprend l’attente. Dans un monde divisé, il nous apprend le lien. Et c’est peut-être cela, être un pont vivant : permettre à l’histoire de continuer sans perdre son âme.

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