Frères et sœurs, l’Évangile d’aujourd’hui nous rejoint très directement, parce qu’il parle de quelque chose que nous connaissons tous : la peur. Jésus dit à ses disciples : « Ne craignez pas ». Il ne leur promet pas une vie sans difficultés, sans critiques, sans incompréhensions. Il leur promet mieux encore : sa présence, la force de la vérité et la tendresse de Dieu qui veille sur eux jusque dans les détails de leur vie.

Dans notre monde d’aujourd’hui, nous avons souvent peur. Peur de l’avenir, peur du regard des autres, peur de ne pas être à la hauteur, peur aussi de ce qui se passe autour de nous : les conflits, la violence, les injustices, les nouvelles qui nous bouleversent chaque jour. Beaucoup vivent dans une sorte de fatigue intérieure, comme si tout devenait fragile et incertain. Jésus ne méprise pas cette peur. Il la traverse avec nous. Mais il nous dit qu’elle ne doit pas avoir le dernier mot.

Quand il dit : « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière », Jésus nous appelle à ne pas garder la foi enfermée dans le privé. Il nous invite à parler, à agir, à témoigner. Cela veut dire, très concrètement, ne pas avoir honte de l’Évangile, ne pas avoir honte de la justice, de la paix, du pardon, de la vérité. Dans une société où l’on peut facilement se taire pour éviter les problèmes, Jésus nous pousse à être des voix qui relèvent, qui dénoncent le mal sans violence, qui soutiennent les plus faibles, qui refusent les logiques de mépris ou d’exclusion.

Et puis il y a cette parole magnifique : « Vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux ». Voilà le cœur de l’Évangile. Dieu ne nous regarde pas comme des inconnus dans la foule. Il nous connaît personnellement. Il connaît nos blessures, nos combats, nos larmes, nos efforts cachés. Même les cheveux de notre tête sont comptés. Cela veut dire que rien de notre vie n’est perdu pour lui. Rien n’est trop petit pour son amour.

Aujourd’hui, Jésus nous invite à une foi courageuse. Pas une foi qui fait semblant de ne jamais douter. Une foi qui avance malgré tout, parce qu’elle sait que Dieu est plus fort que la peur. Être chrétien, ce n’est pas vivre à l’abri de la croix, c’est choisir de rester du côté du Christ dans un monde souvent divisé. C’est dire par nos paroles et par nos actes : je crois que l’amour est plus fort que la haine, que la lumière est plus forte que l’ombre, que la vie est plus forte que la mort.

Alors demandons au Seigneur, en ce dimanche, le courage simple des disciples : le courage de parler quand il faut, de se taire quand il faut, de pardonner quand c’est difficile, de rester debout quand tout pousse à baisser les bras. Et surtout, demandons-lui de nous apprendre cette confiance : nous ne sommes pas seuls, car le Père nous tient dans sa main.

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