
Dans une ville grise où chacun marchait vite sans regarder personne, vivait une petite fille appelée Lina. Elle avait remarqué quelque chose d’étrange : les gens parlaient beaucoup, mais ne se comprenaient presque jamais. Alors chacun rentrait chez soi avec ses colères, ses peurs et ses tristesses. Un soir, Lina trouva dans une ruelle une petite lampe éteinte. Elle la prit dans ses mains et demanda à sa grand-mère à quoi elle servait. La vieille femme répondit : “Cette lampe ne s’allume qu’avec des gestes vrais.” Lina ne comprit pas tout de suite, mais elle essaya. Le lendemain, elle prêta son goûter à un camarade qui pleurait. Rien ne se passa. Puis elle écouta sa mère sans l’interrompre. La lampe brilla un peu. Ensuite, elle aida un voisin à porter ses courses. La lumière devint plus forte. Jour après jour, Lina offrit des mots doux, des excuses sincères, des sourires gratuits, des silences attentifs. Et la lampe se mit à rayonner tellement qu’elle éclairait désormais toute la rue. Les habitants, étonnés, commencèrent à faire pareil. Un garçon qui avait l’habitude de se moquer s’est mis à consoler. Une femme toujours pressée s’est arrêtée pour écouter. Un homme en colère a fini par tendre la main. Bientôt, la ville changea. On y parlait moins fort, mais on s’y comprenait mieux. Et l’on dit longtemps que ce n’était pas la lampe qui éclairait la ville, mais les cœurs enfin réveillés.

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