On se pose la question, surtout quand on regarde autour: des proches qui partent, des pièces qui manquent, des vies qui prennent sens autrement après une grande perte. Si la mort est seulement fin, alors tout devient terne et sans relief. Mais et si c’était aussi un passage, un passage qui pousse à mieux entrer en relation, à clarifier ce qui compte vraiment, à ralentir pour mieux observer ce qui nous entoure ? Dans nos sociétés où tout va vite, où on efface souvent les émotions sous le tapis, la perte peut agir comme un réveil. Elle nous force à regarder nos choix: nos métiers qui nous absorbent, nos écrans qui nous isolent, nos superstitions du bonheur qui ne dure pas. Peut-être que ce passage nous demande d’apprendre à dire adieu autrement: adieu à des habitudes qui nous rognent, adieu à des fuites qui nous protègent sans nous nourrir, adieu à cette fausse sécurité qui nous empêche d’oser. Si l’on accepte ce passage, on peut devenir plus attentifs aux vies qui coexistent autour de nous: les anciens, les enfants, les voisins, les inconnus qui crient pour être vus. Être « plus » peut signifier devenir plus présent, plus chaleureux, plus vrai, sans prétendre dompter l’invisible. La mort, alors, ne serait pas un mur mais une porte; non pas une fin complète, mais une transformation qui nous appelle à grandir dans notre façon d’aimer et de partager ce qui nous reste.

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