
Dans notre monde, on parle souvent des affaires humaines comme si c’était de la catégorie “monde privé” ou “cas administratif”: finances, politique, travail, relations. Et puis, on ajoute vite: ce n’est pas du domaine de Dieu, ce n’est pas spirituel. Mais si on lit les choses autrement, on peut se dire que tout ce qui touche à la dignité, à la justice, à l’amour du prochain, tout ce qui fait battre le cœur des communautés, tout cela y appartient. Les gestes quotidiens – pardonner une faute, aider quelqu’un dans le besoin, défendre ce qui est juste sur le lieu de travail, voter avec conscience, prendre le temps d’écouter — ne seraient-ils pas des dimensions où Dieu se fait connaître, où l’amour de Dieu se rend présent? Cette idée ne supprime pas la distance entre foi et vie; elle la rend tangible: si mes choix de carrière, mes projets, mes actions portent une dimension d’intégrité et de service, ils deviennent des lieux où l’on peut rencontrer le divin en gestes simples. Cela ne signifie pas que tout ce que l’homme entreprend est automatiquement bon ou spirituel; cela dit que l’éthique, la compassion et la quête de vérité ne s’arrête pas au seuil de l’économique ou du politique. Alors, les affaires humaines, si elles sont vécues avec empathie, responsabilité et désir de bien commun, deviennent aussi des “affaires de Dieu” dans le sens où elles reflètent l’imprégnation de l’amour et de la justice dans le tissu même de la vie collective. Cela nous appelle à une conscience plus large: être fidèle à Dieu, c’est être fidèle à l’humain, dans chaque domaine où nous mettons nos mains et notre cœur.

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