L’Evangile

« Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Mc 12, 13-17)

Alléluia. Alléluia.
Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    on envoya à Jésus des pharisiens et des partisans d’Hérode
pour lui tendre un piège en le faisant parler,
    et ceux-ci vinrent lui dire :
« Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ;
tu ne te laisses influencer par personne,
car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens,
mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité.
Est-il permis, oui ou non,
de payer l’impôt à César, l’empereur ?
Devons-nous payer, oui ou non ? »
    Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit :
« Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Faites-moi voir une pièce d’argent. »
    Ils en apportèrent une,
et Jésus leur dit :
« Cette effigie et cette inscription,
de qui sont-elles ?
– De César », répondent-ils.
    Jésus leur dit :
« Ce qui est à César, rendez-le à César,
et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.

Sa réflexion

Dans ce récit, on voit comment les questions qu’on se pose parfois, surtout quand on est pris dans le tumulte du quotidien, révèlent ce qu’on porte vraiment: nos priorités, nos peurs, nos compromis. Jésus est confronté à des intrigues politiques et à des pressions sociales, et pourtant il répond avec une simplicité déconcertante: donnez ce qui est dû à César et donnez à Dieu ce qui est à Dieu. On pourrait penser que c’est une solution administrative, mais c’est surtout une invitation à clarifier nos loyautés. Dans la vie d’aujourd’hui, on est constamment tiraillé entre ce qui est pratique, ce qui nous assure une sécurité matérielle, et ce qui éveille notre conscience, notre dimension spirituelle ou éthique. On peut être tenté de tout externaliser: payer nos impôts, remplir nos obligations, mais oublier ce que nous sommes vraiment appelés à être. Le message, ce n’est pas un appel à faire fi du monde, bien au contraire: c’est un appel à inscrire nos actes dans une cohérence plus profonde. Les questions qui viennent de l’extérieur (et qui parfois veulent nous dévier) deviennent alors une occasion de vérifier avec honnêteté où se situe notre fidélité. Dans notre société, où tout est mesuré et vérifié, où l’image compte autant que le résultat, il est facile de confondre le symbole d’une loyauté avec une vraie loyauté. Donner à Dieu ce qui est à Dieu, c’est prendre le temps d’écouter ce qui nous anime vraiment, ce qui donne sens à nos choix, même quand cela ne va pas être populaire. C’est accepter que nos valeurs ne se négocient pas en premier lieu avec l’efficacité ou l’argent, mais avec la cohérence de ce que nous vivons au quotidien et de ce que nous savons être juste et vrai.

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