L’Evangile

« Par quelle autorité fais-tu cela ? » (Mc 11, 27-33)

Alléluia. Alléluia.
Que la parole du Christ habite en vous
dans toute sa richesse,
et offrez par lui votre action de grâce à Dieu le Père.
Alléluia. (cf. Col 3, 16a.17c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus et ses disciples revinrent à Jérusalem.
Et comme Jésus allait et venait dans le Temple,
les grands prêtres, les scribes et les anciens vinrent le trouver.
    Ils lui demandaient :
« Par quelle autorité fais-tu cela ?
Ou alors qui t’a donné cette autorité pour le faire ? »
    Jésus leur dit :
« Je vais vous poser une seule question.
Répondez-moi,
et je vous dirai par quelle autorité je fais cela.
    Le baptême de Jean
venait-il du ciel ou des hommes ?
Répondez-moi. »
    Ils se faisaient entre eux ce raisonnement :
« Si nous disons : “Du ciel”,
il va dire :
“Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?”
     Mais allons-nous dire : “Des hommes” ? »
Ils avaient peur de la foule,
car tout le monde estimait que Jean était réellement un prophète.
    Ils répondent donc à Jésus :
« Nous ne savons pas ! »
Alors Jésus leur dit :
« Moi, je ne vous dis pas non plus
par quelle autorité je fais cela. »

Sa réflexion

On a tous connu ces moments où l’on croit avoir posé des questions simples et juste puis tout bascule dans le brouhaha de ce que les autres veulent que l’on soit. Dans cet Évangile, Jésus est confronté à des chefs religieux qui veulent enfermer son message dans des règles et des titres, comme s’ils détenaient le droit de juger ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Et Jésus, sans prendre de gants, répond par une autre logique: « je ne vous dirai pas par quoi faire ce miracle, et pourquoi ». Pas parce qu’il refuse la discussion, mais parce que la vraie autorité n’est pas dans le vernis des institutions, ni dans le pouvoir de dominer, mais dans la capacité à écouter, à poser les questions qui réveillent la conscience plutôt que celles qui assènent des vérités toutes faites. Dans notre vie actuelle, on vit entouré de poses et de titres: diplômes brillants, postes à responsabilités, apparats numériques qui donnent l’illusion d’un contrôle total. Et pourtant, l’autorité qui guérit, qui donne sens, c’est celle qui sait attendre le bon moment pour parler, celle qui marche avec les gens et qui ose dire quand elle ne sait pas tout, ou quand elle se trompe. Le récit nous met en face d’un choix simple: est-ce que notre regard sur l’autre et sur le monde est guidé par la curiosité et l’empathie, ou par une posture de défense et de pouvoir ? Si l’on peut garder cette ouverture, même quand tout le monde attend une réponse nette, alors peut-être qu’on entend une voix qui ne s’impose pas, mais qui appelle à revenir à ce qui donne vie: la justice, la compassion, le regard vrai sur l’autre. Et cela, c’est une autorité qui transforme avant même d’imposer.

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