Dans notre vie d’aujourd’hui, être un bon serviteur, est‑ce vraiment dire oui à tout, tout le temps ? On pourrait croire que oui, parce que le service semble être une garantie de valeur, une façon de gagner la paix sociale et d’éviter les conflits. Pourtant, dire oui sans discernement peut aussi devenir un piège où l’on s’épuise, où nos limites deviennent invisibles et où notre bien-être finit par s’effondrer. Être un bon serviteur, c’est d’abord écouter, pas seulement exécuter. C’est repérer le besoin réel derrière une demande, faire la différence entre ce qui est urgent et ce qui est important pour les autres mais aussi pour soi, pour notre famille, nos amis, nos collègues. Ça exige de dire non parfois, avec respect, pour ne pas nourrir une dynamique d’épuisement et de dévouement masqué en sacrifice. Ensuite, être bon serviteur, c’est agir avec justice et bienveillance, sans chercher la gloire ni la reconnaissance, mais en restant attentif à ceux qui restent en marge: les travailleurs invisibles, les personnes seules, ceux qui ne savent pas comment dire oui sans se mettre en danger. Ça suppose aussi d’apprendre à partager les fruits du travail, à ne pas tout garder pour soi, à accueillir les retours et les critiques comme des occasions d’avancer. Enfin, être bon serviteur, c’est rester fidèle à une certaine vérité intérieure: on sert non pas pour être aimé par les autres, mais pour être fidèle à ce qui donne sens à notre vie et à celle des autres. Le service devient alors une langue qui unit, qui apaise, qui construit du sens dans un monde souvent pressé, concurrentiel et fragile. Oui, dire oui peut être une force, mais dire oui avec sagesse, clarté et douceur, c’est là qu’on devient vraiment serviteur.

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