L’Evangile

« Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations. Ayez foi en Dieu » (Mc 11, 11-25)

Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis,
afin que vous alliez, que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia. (cf. Jn 15, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Après son arrivée au milieu des acclamations de la foule,
    Jésus entra à Jérusalem, dans le Temple.
Il parcourut du regard toutes choses
et, comme c’était déjà le soir,
il sortit pour aller à Béthanie avec les Douze.
    Le lendemain, quand ils quittèrent Béthanie,
il eut faim.
    Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles,
il alla voir s’il y trouverait quelque chose ;
mais, en s’approchant, il ne trouva que des feuilles,
car ce n’était pas la saison des figues.
    Alors il dit au figuier :
« Que jamais plus personne ne mange de tes fruits ! »
Et ses disciples avaient bien entendu.

    Ils arrivèrent à Jérusalem.
Entré dans le Temple, Jésus se mit à expulser
ceux qui vendaient et ceux qui achetaient dans le Temple.
Il renversa les comptoirs des changeurs
et les sièges des marchands de colombes,
    et il ne laissait personne transporter quoi que ce soit
à travers le Temple.
    Il enseignait, et il déclarait aux gens :
« L’Écriture ne dit-elle pas :
Ma maison sera appelée
maison de prière pour toutes les nations ?

Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
    Apprenant cela, les grands prêtres et les scribes
cherchaient comment le faire périr.
En effet, ils avaient peur de lui,
car toute la foule était frappée par son enseignement.
    Et quand le soir tomba,
Jésus et ses disciples s’en allèrent hors de la ville.

    Le lendemain matin, en passant,
ils virent le figuier qui était desséché jusqu’aux racines.
    Pierre, se rappelant ce qui s’était passé,
dit à Jésus :
« Rabbi, regarde :
le figuier que tu as maudit est desséché. »
    Alors Jésus, prenant la parole, leur dit :
« Ayez foi en Dieu.
    Amen, je vous le dis :
quiconque dira à cette montagne :
“Enlève-toi de là,
et va te jeter dans la mer”,
s’il ne doute pas dans son cœur,
mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera,
cela lui sera accordé !
    C’est pourquoi, je vous le dis :
tout ce que vous demandez dans la prière,
croyez que vous l’avez obtenu,
et cela vous sera accordé.
    Et quand vous vous tenez en prière,
si vous avez quelque chose contre quelqu’un,
pardonnez,
afin que votre Père qui est aux cieux
vous pardonne aussi vos fautes. »

Sa réflexion

Ce passage nous plonge dans l’instant où Jésus entre à Jérusalem et va au temple, puis, voyant que la maison de prière est devenue une caverne de commerce, il chasse les vendeurs et prophétise que ce lieu sera dévasté. On ressent tout l’enjeu d’un choix entre surface et profondeur, entre bruit et silence. Aujourd’hui, dans notre vie, on peut s’identifier: on fait la queue, on coche les cases, on s’assure que tout est “comme il faut” à l’extérieur, mais à l’intérieur on peut porter des doutes, des peurs, des rêves qui ne se disent pas. Jésus entre dans le temple, regarde autour, et voit ce qui manque: une parole qui touche le cœur, une offrande qui n’est pas seulement matérielle mais vraie. Puis il maudit l’arbre qui n’a pas de fruits, non pas pour punir, mais pour dire qu’à force de bruit sans substance, on finit par se sécher soi-même. Et puis cette prière insistante qui traverse les rues: “Dites à cette montagne de partir” — pas pour prouver sa force, mais pour rappeler que la foi, si elle se structure dans la relation, peut déplacer des choses intérieures. Dans notre vie actuelle, l’épisode urge à regarder ce qui encombre notre cœur, ce qui empêche le vrai dialogue avec Dieu et avec les autres. On peut se dire: où est ma foi quand tout va vite, quand l’ego prend le pas sur l’écoute? Le message, c’est que l’attention est radicale: la prière n’est pas une habitude décorative, mais une force qui réoriente nos gestes, nos choix, nos finances, nos paroles. Si nous faisons un pas vers l’intérieur, même petit, alors la vie peut porter du fruit. Le reste du monde peut continuer à courir, mais nous, nous apprenons à prier pour que notre cœur soit attentif et que nos actions restent visibles comme des fruits qui nourrissent.

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