L’Evangile
Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia. (Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
tandis que Jésus sortait de Jéricho
avec ses disciples et une foule nombreuse,
le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait,
était assis au bord du chemin.
Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth,
il se mit à crier :
« Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »
Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire,
mais il criait de plus belle :
« Fils de David, prends pitié de moi ! »
Jésus s’arrête et dit :
« Appelez-le. »
On appelle donc l’aveugle, et on lui dit :
« Confiance, lève-toi ;
il t’appelle. »
L’aveugle jeta son manteau,
bondit et courut vers Jésus.
Prenant la parole, Jésus lui dit :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
L’aveugle lui dit :
« Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
Et Jésus lui dit :
« Va, ta foi t’a sauvé. »
Aussitôt l’homme retrouva la vue,
et il suivait Jésus sur le chemin.
Sa réflexion
On avance dans la rue de ma ville comme dans celle du monde, avec nos sacs, nos listes, nos soucis qui prennent la place du souffle. Et puis il y a Bartimée, perdu dans la poussière et l’ombre, criant dans le bruit des roues et des voix, cherchant un nom qui lui rappelle qu’il est encore là. On peut se dire: “c’est loin, ça parle d’autre chose.” Et puis on se surprend à penser: combien d’entre nous, même sans avoir les mendiants autour des ailes de nos jours, portent une forme d’aveuglement intérieur? On voit ce qu’on veut voir, on écoute ce qu’on croit entendre, et parfois on laisse passer des appels simples, des gestes qui pourraient changer une vie. Bartimée se met à crier. Pas poliment, pas discrètement; il crie jusqu’à déranger. Et Jésus, qui passe, choisit de s’arrêter, d’écouter, d’approcher, de dire: “Qu’est-ce que tu veux que je fasse pour toi ?” Son questionnement n’est pas un réflexe; c’est une invitation. L’homme répond: “Maître, que je voie.” Et il voit. Physiquement peut-être d’abord, mais surtout autrement: voir avec ce qui tremble dans le cœur, voir avec la capacité de se tourner vers la lumière alors que tout autour claque et vacille. Dans nos vies, il y a des Bartimées modernes: ceux qu’on ignore, ceux qu’on croit incapables, les rêves qu’on a enterrés sous le calendrier saturé. Quand Jésus s’arrête et dit “ta foi t’a sauvé,” ce n’est pas une étiquette magique, c’est la reconnaissance que l’ouverture à la lumière transforme le regard et le chemin. Alors on peut peut-être aussi se demander: et si, dans notre coin de monde, on s’arrêtait un peu plus souvent pour écouter ceux qui crient, pour tendre la main, pour laisser la lumière prendre la place des jugements ? Car voir autrement, c’est commencer à agir autrement, pas à pas, dans la rue, au travail, dans nos familles. Bartimée repart en lumière; nous aussi, si nous l’osons.

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