On cherche tous le sommet, non ? Le succès, la reconnaissance, l’impression d’être utile, d’être vu comme quelqu’un qui compte. Puis un soir, en écoutant un récit qui parle de ceux qui veulent diriger, on se réveille: le plus grand, ce n’est pas celui qui donne des ordres ou qui brille sur scène. Le plus grand, c’est celui qui descend, qui met sa place au service des autres, qui préfère être utile plutôt que brillant. Dans notre vie, ça peut être petit: prendre le temps d’écouter quelqu’un qui parle mal, faire la vaisselle sans râler, couvrir les heures tardives d’un collègue, aider à remettre un enfant sur le droit chemin sans faire de bruit sur soi. Ce n’est pas une proclamation de faiblesse, c’est une manière de dire “je suis là pour les autres”. On voit autour de nous des gens qui portent des responsabilités lourdes: parents, soignants, bénévoles, travailleurs qui, sans bruit, avancent jour après jour. Leur grandeur ne se mesure pas à la vitesse d’un discours ou à la longueur d’un cv, mais à la qualité du regard qu’ils posent sur l’autre, à la patience dont ils font preuve, à la capacité de se taire quand il faut et d’agir quand il faut aussi. Être le plus grand, c’est devenir serviteur volontaire, c’est accepter d’être mis en bas pour permettre à l’autre d’être en haut, d’être lui-même, libre et digne. Et peut-être, dans ce renversement, on découvre que l’humanité se tire vers le haut comme une chaîne qui se renforce quand chacun, humblement, se met au service des autres.

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