L’Evangile

« C’est ce disciple qui a écrit ces choses ; son témoignage est vrai » (Jn 21, 20-25)

Alléluia. Alléluia.
Je vous enverrai l’Esprit de vérité, dit le Seigneur ;
il vous conduira dans la vérité tout entière.
Alléluia. (cf. Jn 16, 7.13)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus venait de dire à Pierre : « Suis-moi. »
S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite,
le disciple que Jésus aimait.
C’est lui qui, pendant le repas,
s’était penché sur la poitrine de Jésus
pour lui dire :
« Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? »
Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus :
« Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »
Jésus lui répond :
« Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne,
que t’importe ?
Toi, suis-moi. »
Le bruit courut donc parmi les frères
que ce disciple ne mourrait pas.
Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas,
mais :
« Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne,
que t’importe ? »

C’est ce disciple qui témoigne de ces choses
et qui les a écrites,
et nous savons que son témoignage est vrai.
Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ;
et s’il fallait écrire chacune d’elles,
je pense que le monde entier ne suffirait pas
pour contenir les livres que l’on écrirait.

Sa réflexion

« Quand Pierre se retourne et voit le disciple que Jésus aimait suivre, Jésus lui dit: « Suis-moi ». Je pense à notre vie d’aujourd’hui, faite de suivis hésitants et de regards qui cherchent la lumière au coin des rues, dans les messages qui claquent et les absences qui pèsent. Dans ce passage, on n’est pas invité à devenir parfaits du jour au lendemain, mais à avancer, pas à pas, en laissant les détails nous révéler ce qui compte vraiment. Pierre, qui a connu des reniements et des hésitations, est rappelé à l’appel vivant: « Suis-moi ». C’est comme si Jésus disait: ne te perds pas dans les chiffres, les succès, les plans rigides; regarde-toi dans l’action quotidienne—un service rendu, un mot de consolation, un silence partagé, une porte ouverte. Le disciple bien-aimé marche derrière, et la scène nous montre que suivre, ce n’est pas seulement suivre une doctrine, c’est suivre une présence. Dans la vie actuelle, entre les écrans qui vident et les sollicitations qui saturent, suivre peut ressembler à une respiration: choisir de revenir au présent, à la personne qui est en face, ou au silence qui permet d’entendre. On aimerait que tout soit limpide, que les réponses tombent comme des réponses de quiz, mais cela prend du temps, de l’obstination douce et de la patience. L’évangile rappelle aussi que la mémoire de ce qui est vécu, peut être fragile: « Jésus, le voyant, demanda: « Manges-tu ?» et il y avait autour de la table des gestes simples qui reconstituent la confiance. Suivre, c’est accueillir ces gestes, même les petites choses, comme des rendez-vous avec Dieu qui se cachent dans le quotidien. Finalement, peut-être que la vraie suite, ce n’est pas la vitesse d’un pas, mais la fidélité à se lever chaque matin avec la curiosité d’apprendre à aimer davantage, à écouter plus loin que sa propre voix, et à ne pas se croire orphelin quand on se retrouve sur le chemin, un pas après l’autre. »

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