
Frères et soeurs,
Le soir venu, les portes closent, et pourtant, la vie dit autrement: le Ressuscité passe, souffle de vie qui traverse nos murs, nos peurs, nos routines. Jésus se présente, et il dit: « Paix à vous ». Pas une paix qui gomme les blessures, non, une paix capable de regarder l’autre dans ses fragilités, une paix qui nous invite à recommencer autrement. Aujourd’hui, cette paix n’est pas un décor de vitrine; c’est une énergie qui traverse nos réseaux, nos cités, nos familles où l’on s’étrangle parfois par les mots et par le silence. Jésus montre ses mains, montre son côté. Ce geste n’est pas du passé: c’est la façon dont Dieu nous dit qu’il est touché par nos douleurs, et qu’il nous donne la force d’aller vers les autres sans calcul, sans peur du regard des autres.
Et puis vient le souffle: « Recevez le Saint-Esprit ». Le souffle, ici, ce n’est pas une brise légère, c’est l’élan qui recompose nos vies désaccordées: les projets qui s’entrechoquent, les doutes qui s’accrochent, les responsabilités qui pèsent. Le Saint-Esprit nous donne de pardonner: pardonner non pas pour effacer les blessures, mais pour libérer les gestes qui enferment: l’amertume, le justificatif, la rancœur qui nous prennent en otage. Il donne aussi le courage de dire le vrai, de bousculer les convenances, de croire quand tout semble dire le contraire.
Dans nos jours, où la solitude frappe à la porte des appartements comme des boîtes mail pleines de notifications, où l’injustice et la fatigue prennent le pas, cette parole est un appel. Jésus nous envoie pour être agents de paix, espalier la vie autour de nous: un sourire qui réchauffe une journée, une main tendue à celui qui n’a rien, un mot qui réconcilie, une main portée vers l’avenir pour ne pas abandonner. Alors, que ce souffle nous transforme: qu’il rende nos murs poreux, qu’il fasse de nos vies des lieux où l’amour recommence, jour après jour, comme une Pentecôte qui se vit au présent, ici et maintenant.

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