Parfois, on entend dire que l’égoïsme est le grand ennemi des relations. Pourtant, peut-on jamais donner sans prendre un peu soin de soi? Dans nos vies modernes, on jongle entre burnout, obligations familiales et attentes sociales. Si l’on se met en perspective, prendre du temps pour soi n’est pas nécessairement un acte égoïste: c’est une condition pour pouvoir être vraiment présent pour les autres ensuite. On peut être épuisé et pourtant donner; on peut être submergé et choisir, en conscience, de se retirer pour mieux revenir. L’égoïsme repoussant n’est pas l’option; l’égoïsme salutaire, lui, sert une finalité: être plus disponible, plus lucide, moins impulsif. Prenons l’exemple des relations amicales ou amoureuses. Quand on s’offre des moments de ressourcement, on évite de déverser notre fatigue sur l’autre. On devient alors capable d’écouter vraiment, de poser des questions pertinentes, de soutenir sans attendre de retour immédiat. Et puis, il y a la dimension collective: on peut, en restant centré sur soi, clarifier ses valeurs, ses limites, ce que l’on est prêt à prendre et à donner. Cette clarté évite les malentendus, les promesses non tenues, les déceptions. L’égoïsme utile devient une discipline: savoir dire non quand c’est nécessaire, savoir dire oui quand on peut aider sans s’effondrer soi-même. Alors, être égoïste peut devenir une forme de respect de soi, et par extension, de respect pour les autres. On n’est pas dans l’indifférence mais dans une maîtrise saine du temps et de l’énergie. Au final, c’est peut-être cela le véritable art des relations: être présent, sans se perdre, prêt à partager ce que l’on a, et à se préserver pour pouvoir continuer à partager demain.

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