L’Evangile

« Sois le berger de mes agneaux. Sois le pasteur de mes brebis » (Jn 21, 15-19)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit Saint vous enseignera tout,
et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.
Alléluia. (cf. Jn 14, 26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus se manifesta encore aux disciples
sur le bord de la mer de Tibériade.
Quand ils eurent mangé,
Jésus dit à Simon-Pierre :
« Simon, fils de Jean,
m’aimes- tu vraiment, plus que ceux-ci ? »
Il lui répond :
« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »
Jésus lui dit :
« Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois :
« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? »
Il lui répond :
« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »
Jésus lui dit :
« Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois :
« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? »
Pierre fut peiné
parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait :
« M’aimes-tu ? »
Il lui répond :
« Seigneur, toi, tu sais tout :
tu sais bien que je t’aime. »
Jésus lui dit :
« Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis :
quand tu étais jeune,
tu mettais ta ceinture toi-même
pour aller là où tu voulais ;
quand tu seras vieux,
tu étendras les mains,
et c’est un autre qui te mettra ta ceinture,
pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort
Pierre rendrait gloire à Dieu.
Sur ces mots, il lui dit :
« Suis-moi. »

Sa réflexion

Au lendemain de l’épisode où Jésus demande à Pierre, pour la troisième fois, de l’aimer et de nourrir ses brebis, on est pris dans une respiration fragile: que signifie aimer vraiment dans notre vie pressée, nos doutes, nos petites peurs quotidiennes? Jésus ne reproche pas, il réveille: « Pierre, tu m’aimes ? ». Ce n’est pas une question d’honneur, c’est une invitation à une familiarité qui devient service, quotidien et concret. Dans notre monde, où l’amour est souvent consommé, rapide, temporaire, l’Evangile remet les pieds sur le terrain: le vrai amour se manifeste dans le soin, dans la fidélité à la tâche, pas seulement dans les grands gestes. Pierre est renvoyé à l’action — « prends soin de mes brebis » — comme si l’amour se mesurait à ce que l’on donne de soi aux autres, surtout à ceux qui ne savent pas encore vivre sans nous. Jésus voit en chacun une potentialité fragile et libre, et sa parole est une énergie qui tisse une responsabilité: guider, protéger, accueillir ceux qui trébuchent. Dans la vie d’aujourd’hui, où chacun peut être pris dans les urgences numériques, les choix économiques, les tensions familiales, cette parole appelle à une connexion plus profonde avec les gens autour de nous: écouter sans juge, se mettre au service, réapprendre la patience et la confiance. Être disciple, ce n’est pas seulement croire en Jean ou en Jésus, c’est se mettre en mouvement pour que d’autres rencontrent un regard humain, une parole qui rassure, une aide tangible. Le final, « suivons-le », ressource une foi qui se cherche dans l’action plutôt que dans le bruit. Ainsi, aimer, c’est remettre les choses en ordre: aimer jusqu’au bout, comme Jésus aime jusqu’au bout, en recommençant sans cesse, malgré les échecs, avec une promesse fragile mais vraie: la vie se réinvente dans le don de soi.

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