L’Evangile
« Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1-11a)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous.
Alléluia. (Jn 14, 16)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, l’heure est venue.
Glorifie ton Fils
afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair,
il donnera la vie éternelle
à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle,
c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre
en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père,
de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom
aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner.
Ils étaient à toi, tu me les as donnés,
et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu
que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données :
ils les ont reçues,
ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi,
et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ;
ce n’est pas pour le monde que je prie,
mais pour ceux que tu m’as donnés,
car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi,
et ce qui est à toi est à moi ;
et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ;
eux, ils sont dans le monde,
et moi, je viens vers toi. »
Sa réflexion
Depuis que j’ai commencé à écouter ce passage, je me dis que Jésus, dans ce moment très intime, a une façon de parler qui ressemble à une confidence du cœur. Il regarde droit vers le ciel, et tout ce qu’il peut dire, c’est “Père, l’heure est venue”. Pas “déjà les grandes déclarations”, non: l’heure. L’heure où l’élan devient parole, où le rêve se montre au grand jour. Et il demande, non pas le pouvoir ou la gloire, mais la protection des gens qui cheminent avec lui. Il parle de la gloire comme d’un cadeau qui ne se garde pas pour soi, mais qui se partage. Moi, ça me parle dans ma vie d’aujourd’hui: les jours où tout va vite, où les messages défilent, où on jongle entre le travail, la famille, les notifications, et où parfois on se demande si ce qu’on fait a encore du sens. Jésus ne montre pas de rébellion face au système du monde; il confie au Père que ses disciples sont à lui et qu’il veut les garder unis, les guider, les protéger. Cette unité-là, c’est peut-être ce dont notre monde manque le plus: pas une unité uniforme, mais une cohérence: être sûr de qui l’on est, être fidèle à ce qui nous est donné, et pouvoir sortir pour aimer sans épuiser les autres autour de nous. Quand je lis ce texte, je me dis que la vraie prière n’est pas une liste de demandes mais un oui, un renoncement à tout ce qui peut nous diviser, une volonté de garder le lien vivant. Et puis il y a cette phrase, légère et forte à la fois: “Afin qu’ils soient un, comme nous-mêmes sommes un.” Pas parfaits, pas sans effort, mais unis dans la difficulté. Dans ma vie, cela peut être une promesse de patience, une attention aux personnes qui m’entourent, une écoute qui ne juge pas trop vite. Dieu, se dire lié à quelque chose de plus grand que soi peut devenir une manière de tenir tête à la pesanteur du quotidien, de donner une place à l’espérance qui ne se voit pas tout de suite mais qui peut éclairer. Et c’est peut-être ça, finalement: être signal, être pont, être présent sans force brute, mais avec une présence qui change peu à peu tout autour.

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