L’Evangile
« Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 29-33)

Alléluia. Alléluia.
Si vous êtes ressuscités avec le Christ,
recherchez les réalités d’en haut :
c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Alléluia. (Col 3, 1)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
les disciples de Jésus lui dirent :
« Voici que tu parles ouvertement
et non plus en images.
Maintenant nous savons que tu sais toutes choses,
et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge :
voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
Jésus leur répondit :
« Maintenant vous croyez !
Voici que l’heure vient – déjà elle est venue –
où vous serez dispersés chacun de son côté,
et vous me laisserez seul ;
mais je ne suis pas seul,
puisque le Père est avec moi.
Je vous ai parlé ainsi,
afin qu’en moi vous ayez la paix.
Dans le monde, vous avez à souffrir,
mais courage !
Moi, je suis vainqueur du monde. »
Sa réflexion
Je me surprends souvent à me dire que tout est sous contrôle, que tout va bien, et puis, soudain, les nouvelles, les urgences, les petits accidents du quotidien, et tout ça me ramène à cette promesse un peu énigmatique que Jésus adresse à ses disciples. Dans ce passage, les disciples lui disent: « Maintenant tu parles clairement, sans paraboles »; et Jésus répond, pour dire – pas en chiffres, mais en rassurant: vous allez avoir des difficultés, vous allez traverser des tempêtes, mais vous ne serez pas seuls. Il leur parle de leur avenir avec une franchise qui, aujourd’hui encore, résonne. Dans notre monde où tout va vite, où les crises se succèdent—économiques, sanitaires, climatiques—on ressent cette tension entre inquiétude et confiance. Jésus ne promet pas l’absence de tempêtes, il promet sa présence et une paix qui ne dépend pas des circonstances. Cette paix, on la mesure dans nos vies mêlées d’angoisses et de petites joies: un sourire partagé dans le métro, une main tendue à quelqu’un dans la galère, une parole qui apaise plutôt qu’elle ne juge. J’ai souvent du mal à accepter cette idée que la tribulation soit une condition normale, mais ce texte m’amène à repenser notre énergie: plutôt que d’essayer de tout maîtriser, on peut choisir de rester connectés à une source plus grande, qui ne se démonte pas quand tout chancelle. Le vrai courage, ce n’est pas l’absence de peur, mais la présence d’un regard qui sait que derrière le tumulte il y a une promesse qui tient. Et cette promesse, comme une boussole, me ramène à l’essentiel: aimer, pardonner, persévérer, et continuer à se lever, même lorsque les jours se ressemblent et que tout semble dire le contraire.

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