
Ne pas riposter au méchant, pour un chrétien, ce n’est pas accepter le mal sans rien dire ni se laisser écraser en silence. Ce n’est pas non plus jouer au héros tranquille en faisant semblant que la blessure ne fait rien. C’est beaucoup plus exigeant que ça. Dans la vie actuelle, on confond souvent la force avec le fait de rendre immédiatement la pareille, de frapper par les mots, d’humilier à son tour, de faire comprendre qu’on ne se laissera pas faire. Mais le Christ invite à une autre force, une force intérieure, une force qui ne dépend pas du regard des autres ni de l’envie de gagner le dernier mot. Pour lui, répondre au mal par le mal, c’est laisser le mal gagner une deuxième fois, parce qu’il entre alors dans notre propre cœur. Ne pas riposter, ce n’est donc pas se soumettre à l’injustice comme si elle était normale. C’est refuser de devenir semblable à celui qui blesse. C’est garder son âme debout. Dans certaines situations, il faut parler, dénoncer, se protéger, demander de l’aide, mettre de la distance. Le chrétien n’est pas appelé à aimer la violence. Il est appelé à sortir de la spirale de la violence. Cela demande du discernement, parce qu’il y a des cas où le silence protège le mal, et d’autres où la parole calme ouvre un chemin de paix. Mais le fond reste le même : suivre le Christ, c’est croire qu’on peut résister au mal sans perdre sa dignité, sans nourrir la haine, sans fermer son cœur. La vraie victoire, c’est de rester libre intérieurement, même quand l’extérieur est dur

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