L’Evangile
« Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1b-11a)

Alléluia. Alléluia.
Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur ;
je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira.
Alléluia. (cf. Jn 14, 18 ; 16, 22)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, l’heure est venue.
Glorifie ton Fils
afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair,
il donnera la vie éternelle
à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle,
c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé,
Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre
en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père,
de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom
aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner.
Ils étaient à toi, tu me les as donnés,
et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu
que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données :
ils les ont reçues,
ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi,
et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ;
ce n’est pas pour le monde que je prie,
mais pour ceux que tu m’as donnés,
car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi,
et ce qui est à toi est à moi ;
et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ;
eux, ils sont dans le monde,
et moi, je viens vers toi. »
Sa réflexion
En ce moment, on dirait que tout va vite et que tout est fragmenté: informations qui se succèdent, choix qui s’entrechoquent, vie sociale qui se transforme à chaque notification. Et puis, au milieu de tout ce bruit, ce texte de Jésus qui parle à son Père, «Maintenant, glorifie ton Fils»—ça peut paraître grandiloquent, mais ce que je lis, c’est une demande simple: que ce qui est en train de se passer ici soit vrai jusqu’au bout, que l’amour reste palpable. Jésus regarde ses amis et, surtout, regarde vers nous, et dit: «Ils ont connu ton nom, et je les connaîtrai, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et que moi je soi en eux.» C’est presque une promesse intime: malgré les distances, les départs, les doutes, il veut que l’unité et la fidélité ne soient pas un idéal poussiéreux, mais une expérience vivante. Dans ma vie d’aujourd’hui, entre le travail qui peut avaler l’énergie, les réseaux qui donnent des apparences plus qu’ils ne donnent du sens, cette parole réoriente: ce n’est pas une recette miracle, c’est une invitation à rester relié — à Dieu, aux autres, à une communauté qui ne se contente pas de surfaces mais qui s’efforce de porter le poids des uns et des autres. Si je suis vraiment porteur de l’amour que Dieu m’a donné, alors mes gestes simples — un silence partagé, une écoute sans jugement, un service discret, un mot d’encouragement — deviennent des signes de cette gloire qui ne s’épuise pas. Jésus demande à ce que l’unité soit visible, pas comme une uniformité, mais comme une diversité harmonieuse qui témoigne d’un même amour en action. Et moi, aujourd’hui, je suis invité à entrer dans cette dynamique: me laisser aimer, aimer en retour, et chercher, dans le quotidien, des lieux où l’amour peut grandir sans être écrasé par le bruit.

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