Dans un village où les rues sentaient encore la rosée, vivait Léa, une jeune fille qui apprenait à marcher avec les pas des anciens. Chaque matin, en sortant de chez elle, elle voyait un homme âgé, sans nom écrit sur lui, qui s’arrêtait près de la porte de l’église et regardait le lever du soleil comme si c’était la première fois. Les voisins chuchotaient: « Il parle peu et demeure tranquille, peut-être qu’il voit ce que nous manquons. » Un jour, Léa, qui portait une lourde inquiétude sur son cœur, s’arrêta près de lui et demanda: « Vous voyez quelque chose que nous autres ne voyons pas ? » L’homme lui sourit et répondit simplement: « Le jour se lève, et avec lui, quelqu’un marche avec nous, même quand on ne le voit pas. » Intriguée, Léa suivit alors le pas lent de l’homme jusqu’au bord du village, où le chemin menait vers les collines. Sur le trajet, des silhouettes de personnes croisèrent leur route: un boulanger qui partagea un morceau de pain, une enfant qui riait en courant après un papillon, une femme qui portait un panier de légumes et qui s’arrêta pour les saluer. À chaque rencontre, Léa ressentait une chaleur intérieure, comme si quelqu’un avait allumé une lampe dans son cœur. Arrivés au sommet de la colline, l’homme se tourna vers elle et dit: « Tu vois, ce n’est pas toujours la clameur qui confirme la présence; parfois c’est le calme qui permet de reconnaître ce qui était là tout près, près de ton pas, prêt à marcher encore avec toi demain. » Ce matin-là, Léa comprit que la présence qu’elle cherchait n’était pas un grand événement, mais une présence quotidienne qui choisissait de marcher à ses côtés, même lorsque rien de spectaculaire ne se déroulait.

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