Le conte du jour.

Il était une fois un village où les chemins ne se croisaient presque jamais. Les gens s’évitait, chacun avançait avec ses secrets et ses soucis. Au milieu de ce village vivait Lina, jeune fille curieuse, qui remarqua que les rives de la rivière, autrefois liées par un pont, étaient désormais séparées par une eau qui reflétait les peurs de chacun. Un soir, Lina trouva sur la berge deux mains gantées d’un cuir usé. Elles semblaient avoir été oubliées là, comme un signe. Elle les ramassa et trouva, gravé dans le bois, un mot: “Unifie”. Intriguée, elle demanda à ses voisins s’ils avaient perdu quelque chose, mais personne ne répondit. Alors elle prit une décision: fabriquer un pont avec des mains humaines, pas des briques. Chaque soir, elle appelait des passants à déposer leurs mains prévues au service du pont: une main pour un villageois, une main pour une voisine, une main pour un enfant qui pleure. Petit à petit, les mains se mêlèrent, formant une suite de silhouettes qui se tenaient les unes les autres. Le pont prit forme non pas par la matière, mais par le geste. Quand le pont fut achevé, les habitants se rendirent compte qu’en joignant leurs mains, ils avaient rejoint aussi leurs cœurs. Ils commencèrent à parler, à s’écouter, à s’entraider. Le pont devint alors un symbole: pour traverser ensemble, il faut unifier nos mains et nos vies, mettre nos différences au service d’un même chemin. Et chaque soir, lorsque le village regardait le pont, ils se rappelaient que l’unité n’est pas une fin, mais un acte quotidien qui nous porte les uns vers les autres.

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