Il était une fois, au bord d’une rivière, un vieux chêne immense qui se vantait auprès de tous : « Regardez comme je suis fort, comme mes racines sont profondes, comme je ne change jamais. » À côté de lui poussait un jeune roseau, tout fin, qui pliait au moindre souffle de vent.

Le chêne se moquait de lui : « Toi, tu plies pour un rien, tu n’as aucune constance, aucune force. » Le roseau ne répondait pas, il se contentait d’observer, d’écouter le vent, de se demander chaque jour comment mieux résister aux tempêtes sans se briser.
Un soir, un orage terrible s’abattit sur la rivière. Le vent soufflait si fort que le vieux chêne, si sûr de lui, si certain de n’avoir jamais besoin de changer, se brisa net et tomba dans l’eau. Le roseau, lui, plia, plia encore, toucha presque le sol, mais ne rompit jamais. Le lendemain, il se redressa, un peu différent, un peu plus sage, ayant appris quelque chose de cette nuit terrible.
Une grenouille qui avait tout vu demanda au roseau : « Comment as-tu survécu alors que le chêne, si fort, a été détruit ? » Le roseau répondit : « Je n’ai jamais cru que j’avais fini d’apprendre. Chaque vent m’apprend quelque chose de nouveau sur moi-même. Le chêne pensait être arrivé au bout de sa force. Moi, je sais que je suis toujours en train de chercher comment mieux tenir debout. »
Depuis ce jour, on raconte cette histoire aux enfants pour leur apprendre que ceux qui acceptent de plier, de douter, de se questionner sans cesse, sont souvent plus solides que ceux qui se croient inébranlables.

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