On vit une époque étrange. On n’a jamais eu autant de choses et pourtant on n’a jamais semblé aussi stressés, aussi insatisfaits. Regardez autour de vous : les gens travaillent de plus en plus pour s’acheter de plus en plus de trucs, et au final, sont-ils plus heureux pour autant ? Pas sûr.

Le matériel, c’est pas nul en soi, hein, soyons clairs. Avoir un toit, de quoi manger, de quoi se soigner, c’est essentiel, c’est même vital. Personne ne va prétendre que la pauvreté c’est romantique. Mais le problème, c’est quand le matériel devient une fin en soi, quand on se met à courir après le dernier smartphone, la voiture plus grosse que celle du voisin, la maison qui doit « en jeter » sur Instagram.
On connaît tous quelqu’un qui a tout sacrifié pour sa carrière, pour son compte en banque, et qui se retrouve seul, épuisé, avec des relations familiales en miettes. À l’inverse, on connaît des gens qui ont peu, mais qui rayonnent d’une joie de vivre communicative parce qu’ils ont su garder l’essentiel : du temps pour leurs proches, des passions qui les nourrissent, une capacité d’émerveillement.
Le vrai problème avec le matériel, c’est qu’il ne comble jamais complètement. On achète un truc, on est content deux semaines, puis on veut autre chose. C’est un puits sans fond. Alors que les relations humaines, l’amitié sincère, l’amour partagé, ça, ça nourrit vraiment, ça remplit durablement.
Et puis il y a cette question qu’on n’aime pas trop se poser : à la fin de notre vie, qu’est-ce qu’on regrettera ? Personne, sur son lit de mort, ne se dit « j’aurais dû bosser plus pour avoir une plus grosse voiture ». Les gens regrettent plutôt de ne pas avoir passé assez de temps avec leurs enfants, de ne pas avoir osé dire « je t’aime », de ne pas avoir profité des instants simples.
Alors oui, le matériel a sa place, mais peut-être pas la première. La vraie richesse, c’est ailleurs, dans ce qui ne se compte pas mais qui se ressent.

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