L’Evangile
« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 15-21)

Alléluia. Alléluia.
Vous brillez comme des astres dans l’univers
en tenant ferme la parole de vie.
Alléluia. (Ph 2, 15d.16a)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
les pharisiens allèrent tenir conseil
pour prendre Jésus au piège
en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples,
accompagnés des partisans d’Hérode :
« Maître, lui disent-ils, nous le savons :
tu es toujours vrai
et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ;
tu ne te laisses influencer par personne,
car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens.
Alors, donne-nous ton avis :
Est-il permis, oui ou non,
de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
Connaissant leur perversité, Jésus dit :
« Hypocrites !
pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. »
Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
Il leur dit :
« Cette effigie et cette inscription,
de qui sont-elles ? »
Ils répondirent :
« De César. »
Alors il leur dit :
« Rendez donc à César ce qui est à César,
et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Sa réflexion
Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Cette phrase, on l’a tellement entendue qu’on ne l’entend plus vraiment. Et pourtant, elle nous parle directement, à nous, aujourd’hui, avec nos impôts, nos papiers d’identité, nos obligations civiques et nos convictions intimes. Jésus, on essaie de le piéger. Soit il dit de payer l’impôt, et il perd sa crédibilité auprès de ceux qui rêvent de libération face à l’occupant romain. Soit il dit de ne pas payer, et on peut le dénoncer comme rebelle. Jésus ne tombe pas dans le panneau. Il retourne la question, et il ouvre un chemin bien plus large que celui qu’on lui proposait.
Ce qui est frappant, c’est qu’il ne dit pas que Dieu et César s’opposent forcément. Il dit qu’il y a un ordre des choses, une juste place pour chaque chose. On vit dans une société, on a des devoirs envers elle, on paie nos impôts, on respecte les lois, on s’engage dans la vie de la cité. Et en même temps, on appartient à Dieu, corps et âme, et rien ni personne ne peut nous arracher cette appartenance-là.
Aujourd’hui, on pourrait être tentés de séparer les deux mondes, comme si la foi c’était pour le dimanche à l’église et la vie normale c’était pour le reste de la semaine. Mais ce n’est pas ça que Jésus propose. Il nous invite à vivre pleinement notre citoyenneté, avec ses contraintes et ses responsabilités, tout en gardant intacte cette part de nous qui appartient à Dieu, qui ne se monnaie pas, qui ne se négocie pas. C’est un équilibre à trouver chaque jour, entre engagement dans le monde et fidélité à ce qui nous dépasse.

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