On utilise le mot « aimer » à toutes les sauces aujourd’hui. On dit « j’adore ce resto », « j’aime cette série », et puis on dit aussi « je t’aime » à quelqu’un. Mais est-ce qu’on sait vraiment ce que ça veut dire, aimer une personne, pour de vrai ?

Franchement, je crois qu’on confond souvent l’amour avec plein d’autres trucs. On confond ça avec l’attirance, avec le désir de posséder, avec le besoin d’être rassuré. On tombe amoureux de quelqu’un parce qu’il nous fait du bien, parce qu’il nous complète, parce qu’avec lui on se sent exister. Mais est-ce que c’est déjà ça, aimer ? Pas totalement, je pense.
Aimer une personne, au sens fort, c’est vouloir son bien avant le nôtre. C’est accepter qu’elle soit différente de ce qu’on imaginait. C’est rester là même quand ce n’est plus excitant, même quand il n’y a plus de papillons dans le ventre. C’est choisir l’autre, jour après jour, pas seulement le ressentir.
Dans notre société où tout va vite, où on zappe facilement, où on remplace un partenaire comme on change de téléphone, cette question mérite d’être posée sérieusement. On vit dans une culture de la consommation qui touche même les relations. Dès que ça devient compliqué, on a tendance à fuir plutôt qu’à construire.
Aimer, c’est peut-être justement l’inverse de ça : c’est la fidélité dans la durée, la patience face aux défauts de l’autre, l’effort de comprendre plutôt que de juger. C’est savoir dire « je suis là » même quand ce n’est pas facile.
Et puis aimer, ce n’est pas juste un sentiment qu’on ressent une fois et qui reste figé. C’est une décision qu’on prend, qu’on renouvelle chaque jour. Ça demande du travail, de l’humilité, parfois du pardon.
Alors aimer une personne, c’est quoi au juste ? Peut-être que c’est simplement choisir l’autre, encore et encore, même sans garantie, même sans certitude que ça durera. C’est un acte de confiance et de courage.

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