L’Evangile
« Les cheveux de votre tête sont tous comptés » (Lc 12, 1-7)

Alléluia. Alléluia.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous,
comme notre espoir est en toi !
Alléluia. (Ps 32, 22)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
comme la foule s’était rassemblée par milliers
au point qu’on s’écrasait,
Jésus, s’adressant d’abord à ses disciples, se mit à dire :
« Méfiez-vous du levain des pharisiens,
c’est-à-dire de leur hypocrisie.
Tout ce qui est couvert d’un voile sera dévoilé,
tout ce qui est caché sera connu.
Aussi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres
sera entendu en pleine lumière,
ce que vous aurez dit à l’oreille dans le fond de la maison
sera proclamé sur les toits.
Je vous le dis, à vous mes amis :
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps,
et après cela ne peuvent rien faire de plus.
Je vais vous montrer qui vous devez craindre :
craignez celui qui, après avoir tué,
a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne.
Oui, je vous le dis : c’est celui-là que vous devez craindre.
Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous.
Or pas un seul n’est oublié au regard de Dieu.
À plus forte raison les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez sans crainte :
vous valez plus qu’une multitude de moineaux. »
Sa réflexion
Vous savez, ce passage de l’évangile, il tombe pile au bon moment. Jésus parle du levain des pharisiens, l’hypocrisie, et franchement, on est en plein dedans aujourd’hui. On vit dans un monde où tout le monde se met en scène, où les réseaux sociaux nous poussent à montrer une version de nous-mêmes qui n’est pas toujours la vraie. On sourit sur les photos alors qu’on va mal, on affiche une vie parfaite alors qu’à l’intérieur, ça craque de partout.
Et Jésus, il nous dit un truc simple mais costaud : tout ce qui est caché finira par se savoir. Rien ne reste vraiment secret. Ça peut faire peur, mais en fait, c’est plutôt libérateur si on y réfléchit bien. Ça veut dire qu’on n’a pas besoin de jouer un rôle en permanence. On peut arrêter de se fatiguer à maintenir une façade.
Et puis il y a cette image des moineaux. Deux moineaux pour une pièce de monnaie, presque rien, et pourtant Dieu n’en oublie aucun. Alors nous, avec nos angoisses, nos comptes à payer, nos soucis de santé, notre peur de l’avenir… on compte forcément plus que ça pour lui.
Dans une société qui nous évalue sans arrêt, qui nous compare, qui nous fait sentir qu’on doit mériter notre place, cette parole fait du bien. On n’a pas à prouver notre valeur. Elle est déjà là, gratuite, offerte. « Vous valez plus que beaucoup de moineaux », dit Jésus. Ça change la perspective, non ? Ça enlève un poids. On peut respirer, vivre sans cette pression constante de la performance et de l’image.

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