L’Evangile

« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-14)

Alléluia. Alléluia.
Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus se mit de nouveau à parler
aux grands prêtres et aux pharisiens,
et il leur dit en paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui célébra les noces de son fils.
    Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités,
mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
    Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
‘Voilà : j’ai préparé mon banquet,
mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ;
tout est prêt : venez à la noce.’
    Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent,
l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
    les autres empoignèrent les serviteurs,
les maltraitèrent et les tuèrent.
    Le roi se mit en colère,
il envoya ses troupes,
fit périr les meurtriers
et incendia leur ville.
    Alors il dit à ses serviteurs :
‘Le repas de noce est prêt,
mais les invités n’en étaient pas dignes.
    Allez donc aux croisées des chemins :
tous ceux que vous trouverez,
invitez-les à la noce.’
    Les serviteurs allèrent sur les chemins,
rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent,
les mauvais comme les bons,
et la salle de noce fut remplie de convives.
    Le roi entra pour examiner les convives,
et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce.
    Il lui dit :
‘Mon ami, comment es-tu entré ici,
sans avoir le vêtement de noce ?’
L’autre garda le silence.
    Alors le roi dit aux serviteurs :
‘Jetez-le, pieds et poings liés,
dans les ténèbres du dehors ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.’

    Car beaucoup sont appelés,
mais peu sont élus. »

Sa réflexion,

Vous savez, cette parabole du festin de noces, elle nous parle drôlement bien de notre époque. Un roi organise un mariage pour son fils, il envoie des invitations, et là, les gens trouvent mille excuses pour ne pas venir. L’un a son champ à s’occuper, l’autre son commerce à gérer. Ça vous rappelle quelque chose ? On vit exactement pareil aujourd’hui. On est tous invités à quelque chose de plus grand que nous, à des relations vraies, à du temps pour ceux qu’on aime, à une vie spirituelle même toute simple, mais on trouve toujours une bonne raison de reporter. « Pas maintenant, je suis débordé », « plus tard, j’ai mon boulot », « demain, je m’occuperai de moi et des autres ». Et pendant ce temps, la vie passe.

Ce qui me frappe aussi, c’est que le roi ne se décourage pas. Il envoie chercher tout le monde, les bons comme les mauvais, ceux du coin de la rue, les oubliés, les invisibles. C’est fou comme cette image colle à notre société qui trie tellement les gens : les diplômés, les performants, ceux qui ont réussi. Dieu, lui, il ne fonctionne pas comme un recruteur qui élimine les CV. Il ouvre grand la porte.

Après il y a cette histoire d’habit de noces qui peut nous questionner. C’est comme si on nous disait : venir, c’est bien, mais venir avec le cœur juste, avec une intention vraie, c’est encore mieux. On peut être physiquement présent quelque part sans vraiment s’investir, sans vraiment se laisser toucher. Combien de fois on traverse nos journées, nos relations, même nos moments de prière, sans être vraiment là, le cœur ailleurs ?

Alors cette parabole, finalement, elle nous invite à nous demander : est-ce que je réponds vraiment à ce qui m’est proposé de plus beau dans ma vie ? Est-ce que je me contente de figurer, ou est-ce que je m’engage pour de vrai ?

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