Frères et sœurs,

Imaginez la scène : un roi organise le mariage de son fils, le plus grand événement de l’année, et personne ne vient. Pire, certains invités tuent même les messagers ! Cette parabole peut nous sembler violente, presque exagérée. Et pourtant, elle nous parle de quelque chose de très actuel : notre difficulté à répondre présents quand Dieu nous invite.

Regardons autour de nous. Nous vivons dans une époque saturée de sollicitations. Nos téléphones n’arrêtent pas de vibrer, nos agendas débordent, les notifications s’accumulent. Nous sommes tous invités à mille choses : au travail, aux loisirs, aux réseaux sociaux, à la consommation. Et au milieu de tout ce bruit, l’invitation de Dieu peut sembler bien discrète, presque inaudible. Comme les premiers invités de la parabole, nous avons « nos champs » et « nos affaires » – nos priorités qui semblent tellement plus urgentes que cette invitation au festin.

Mais regardez bien : le roi ne renonce pas. Il envoie ses serviteurs chercher tous ceux qu’ils trouveront, « les mauvais comme les bons ». C’est une image magnifique de la miséricorde de Dieu. Dans notre monde qui trie, qui exclut, qui hiérarchise selon les mérites, les diplômes, les réussites sociales, Dieu, lui, invite tout le monde. Pensons aux migrants qui frappent à nos portes aujourd’hui, aux personnes marginalisées, à tous ceux que notre société a tendance à laisser de côté. Dieu, lui, ne fait pas ce tri-là.

Mais il y a ce deuxième volet troublant : l’homme sans habit de noce, jeté dehors. Que nous dit ce passage ? Être invité ne suffit pas. Il faut aussi se laisser transformer par cette invitation. On ne peut pas venir au festin de Dieu en gardant nos vieux habits d’égoïsme, d’indifférence, de superficialité. L’habit de noce, c’est notre conversion, notre manière de vivre qui doit correspondre à la grâce reçue.

Aujourd’hui, dans un monde marqué par les crises – climatiques, sociales, les guerres qui n’en finissent pas -, cette parabole nous interpelle particulièrement. Sommes-nous de simples spectateurs de l’invitation de Dieu, ou acceptons-nous de nous laisser transformer par elle ? L’Évangile ne nous demande pas seulement de « cocher présent » à la messe du dimanche, mais de revêtir concrètement des habits de charité, de justice, de fraternité dans notre quotidien.

Frères et sœurs, le festin est déjà préparé. La question n’est pas de savoir si nous sommes invités – nous le sommes tous – mais si nous allons répondre oui, vraiment oui, avec toute notre vie

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