L’Evangile
« Je te suivrai partout où tu iras » (Lc 9, 57-62)

Alléluia. Alléluia.
J’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures,
afin de gagner un seul avantage, le Christ
et, en lui, d’être reconnu juste.
Alléluia. (Ph 3, 8-9)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
en cours de route, un homme dit à Jésus :
« Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara :
« Les renards ont des terriers,
les oiseaux du ciel ont des nids ;
mais le Fils de l’homme
n’a pas d’endroit où reposer la tête. »
Il dit à un autre :
« Suis-moi. »
L’homme répondit :
« Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »
Mais Jésus répliqua :
« Laisse les morts enterrer leurs morts.
Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »
Un autre encore lui dit :
« Je te suivrai, Seigneur ;
mais laisse-moi d’abord faire mes adieux
aux gens de ma maison. »
Jésus lui répondit :
« Quiconque met la main à la charrue,
puis regarde en arrière,
n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »
Sa réflexion
On a tous, un jour, envie de tout plaquer pour suivre quelque chose ou quelqu’un qui nous parle vraiment. Un projet, une cause, une personne. Et puis, très vite, la réalité nous rattrape. Dans l’évangile de ce mercredi, on voit trois personnes qui croisent Jésus et qui, chacune à leur façon, hésitent. L’une dit « je te suivrai partout », et Jésus lui répond un truc étrange : « le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête ». Autrement dit, tu veux me suivre, très bien, mais sache que ça ne sera pas confortable. Les deux autres, eux, veulent bien suivre, mais d’abord ils ont des trucs à régler : enterrer leur père, dire au revoir à la famille. Des demandes qui semblent tout à fait raisonnables, non ?
Et pourtant Jésus est presque dur avec eux. Il leur dit en gros : celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le Royaume. Ça peut choquer. On a l’impression qu’il n’a aucune pitié pour les excuses de la vie quotidienne.
Mais si on y réfléchit, ça nous parle drôlement aujourd’hui. Combien de fois on remet à demain ce qui compte vraiment ? On dit « je vais changer, mais d’abord je dois finir ça, régler ça, attendre que ce soit le bon moment ». Et le bon moment n’arrive jamais. Cette page d’évangile nous bouscule parce qu’elle nous dit : la vie spirituelle, l’engagement véritable, ça ne se planifie pas entre deux rendez-vous. Ça demande de trancher, maintenant, avec ce qu’on a, avec nos limites, nos peurs, nos excuses toutes faites. Ce n’est pas confortable, mais c’est là que ça devient vrai.

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