L’Evangile

« Le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand » (Lc 9, 46-50)

Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia. (cf. Mc 10, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    une discussion survint entre les disciples
pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand.
    Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur,
prit un enfant, le plaça à côté de lui
    et leur dit :
« Celui qui accueille en mon nom cet enfant,
il m’accueille, moi.
Et celui qui m’accueille
accueille celui qui m’a envoyé.
En effet, le plus petit d’entre vous tous,
c’est celui-là qui est grand. »

    Jean, l’un des Douze, dit à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser des démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il ne marche pas à ta suite avec nous. »
    Jésus lui répondit :
« Ne l’en empêchez pas :
qui n’est pas contre vous est pour vous. »

Sa réflexion.

Franchement, cet évangile tombe pile au bon moment. Les apôtres se disputent pour savoir qui est le plus grand parmi eux, et honnêtement, on fait tous un peu pareil dans nos vies. On regarde qui a le meilleur poste, la plus belle voiture, le plus de followers sur les réseaux. On veut être vus, reconnus, on veut compter.

Et là, Jésus fait un truc complètement à contre-courant : il prend un enfant, il le place à côté de lui, et il dit que celui qui accueille cet enfant, c’est lui qu’on accueille. Un enfant à l’époque, c’était rien, personne d’important, pas de statut social. C’est comme s’il disait : arrêtez de courir après la reconnaissance, la vraie grandeur elle est ailleurs, dans l’accueil du plus petit, du plus fragile.

Et juste après, il y a cette histoire de l’homme qui chasse les démons en son nom, mais qui ne fait pas partie du groupe des disciples. Jean veut l’empêcher, genre « c’est pas un des nôtres ». Et Jésus répond simplement : « Qui n’est pas contre vous est pour vous. » Ça, c’est puissant pour aujourd’hui. On a tendance à s’enfermer dans nos clans, nos groupes, nos étiquettes, et on juge vite ceux qui ne pensent pas comme nous ou qui n’ont pas la même carte de visite spirituelle.

Dans notre monde hyper connecté mais tellement divisé, où on se compare sans arrêt, cet évangile nous invite à lâcher prise sur cette course à la grandeur. Peut-être que la vraie force aujourd’hui, c’est justement d’accueillir l’autre sans chercher à savoir s’il coche toutes les cases, d’accueillir les plus fragiles autour de nous, et d’arrêter de se sentir menacé par ceux qui ne font pas partie de notre petit groupe.

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