On vit une époque bruyante, on est d’accord ? Notifications, infos en continu, avis de tout le monde sur tout. Et pourtant, il y a une voix qui continue de parler, discrète, presque timide au milieu de ce vacarme : celle du Ressuscité.

On a souvent cette image d’un Jésus qui parlait il y a deux mille ans, dans des paraboles, sur les routes de Palestine. Mais la vérité, c’est qu’il continue de parler aujourd’hui. Dans le silence d’une pause qu’on s’accorde enfin. Dans le regard d’un inconnu qui nous sourit sans raison dans le métro. Dans cette pensée qui nous traverse au mauvais moment et qui nous pousse à appeler quelqu’un qu’on a délaissé.

Le problème, c’est qu’on n’a plus l’habitude d’écouter ce genre de voix. On est formatés pour écouter les voix fortes, celles qui crient, qui vendent, qui promettent. La voix du Ressuscité, elle, ne s’impose jamais. Elle chuchote. Un peu comme sur le chemin d’Emmaüs, ces deux disciples qui marchaient à côté de lui sans le reconnaître, tout occupés qu’ils étaient par leur tristesse et leurs certitudes.

Et nous, combien de fois on marche à côté de lui sans le voir, tellement occupés par nos soucis, notre téléphone, notre to-do list ? La bonne nouvelle, c’est que cette voix ne se fatigue jamais de nous chercher. Elle attend juste qu’on ralentisse un peu, qu’on ferme les écrans, qu’on fasse silence en soi.

Entendre le Ressuscité, ce n’est pas forcément une expérience mystique extraordinaire avec des lumières et des voix célestes. C’est souvent tout bête : c’est ce sentiment de paix qui arrive après une réconciliation. C’est cette envie soudaine de pardonner à quelqu’un qui nous a blessé. C’est cette force qu’on trouve pour continuer alors qu’on pensait ne plus en avoir.

Alors peut-être que la vraie question, ce n’est pas « où est Dieu ? » mais « est-ce que je prends encore le temps de l’écouter ? » Parce que lui, il n’a jamais arrêté de nous parler. C’est nous qui avons rempli notre vie de trop de bruit pour l’entendre.

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