L’Evangile
« S’étant repenti, il y alla » (Mt 21, 28-32)

Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Quel est votre avis ?
Un homme avait deux fils.
Il vint trouver le premier et lui dit :
‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’
Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’
Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.
Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière.
Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’
et il n’y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père ? »
Ils lui répondent :
« Le premier. »
Jésus leur dit :
« Amen, je vous le déclare :
les publicains et les prostituées
vous précèdent dans le royaume de Dieu.
Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice,
et vous n’avez pas cru à sa parole ;
mais les publicains et les prostituées y ont cru.
Tandis que vous, après avoir vu cela,
vous ne vous êtes même pas repentis plus tard
pour croire à sa parole. »
Sa réflexion
Vous savez, cette parabole des deux fils, elle nous met une claque, franchement. On a le premier gars qui dit « non, je n’irai pas » et qui finit par y aller quand même. Et l’autre qui dit « oui, oui, j’y vais papa » et qui ne bouge pas d’un pouce. Ça vous rappelle pas quelque chose ? Moi, ça me parle direct.
Dans nos vies aujourd’hui, on est hyper doués pour les belles paroles. Sur les réseaux sociaux, on affiche des valeurs, on partage des citations inspirantes, on dit « oui je suis pour l’écologie », « oui je suis pour la solidarité », « oui je vais changer ». Et puis dans les faits ? On continue comme avant. On est devenus des champions du « oui » qui ne coûte rien parce qu’il ne s’accompagne d’aucun acte.
Et pendant ce temps, il y a plein de gens qu’on regarde de haut, qu’on juge, qui eux, dans le concret, se bougent. Le collègue qu’on trouve pas très catholique mais qui est le premier à donner un coup de main. La voisine qu’on critique dans son dos mais qui va faire les courses pour la dame âgée du quartier. Jésus, il nous dit clairement : c’est pas celui qui a la bonne étiquette qui entre dans le Royaume, c’est celui qui se retrousse les manches, même après avoir dit non, même après avoir raté le coche plusieurs fois.
Ce qui est beau là-dedans, c’est que ça laisse une porte ouverte à tout le monde. Vous avez dit non toute votre vie ? Vous pouvez encore dire oui aujourd’hui. Le changement de cap, c’est jamais trop tard. Ce texte, il casse notre petite comptabilité personnelle où on se dit « je suis quelqu’un de bien parce que je vais à la messe » ou au contraire « je suis foutu parce que j’ai raté ma vie chrétienne ». Non. C’est aujourd’hui que ça se joue, dans les actes du quotidien, pas dans les discours.

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