On se pose tous cette question un jour ou l’autre, souvent au pire moment, quand justement on souffre. Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Est-ce que ça sert à quelque chose de souffrir, ou c’est juste absurde, injuste, sans aucun sens ?

Je pense qu’il n’y a pas de réponse toute faite à cette question, et c’est peut-être ça qui est le plus difficile à accepter. On aimerait qu’il y ait une explication rationnelle, un « pourquoi » qui rendrait tout supportable. Mais la souffrance, souvent, ne s’explique pas. Elle s’impose, brutalement, et on doit trouver comment continuer à vivre avec elle.

Ce que je remarque, en regardant autour de moi, c’est que ce ne sont pas les gens qui ont le moins souffert qui semblent les plus épanouis. Souvent, ce sont ceux qui ont traversé des épreuves et qui en ont tiré quelque chose : une plus grande empathie, une capacité à savourer les petites choses, une force intérieure qu’ils ne connaissaient pas avant.

Ça ne veut pas dire qu’il faut souhaiter la souffrance, ni la glorifier. Il ne faut jamais dire à quelqu’un « ça va te faire grandir » alors qu’il est en train de traverser l’enfer. Mais après, avec le temps, on peut parfois regarder en arrière et voir comment cette épreuve nous a transformés, malgré nous.

Peut-être que le sens de nos souffrances, ce n’est pas dans la souffrance elle-même, mais dans ce qu’on en fait, dans comment on choisit d’y répondre. Est-ce qu’on se ferme, on s’aigrit, on devient dur avec les autres ? Ou est-ce qu’on s’ouvre, on devient plus attentif à la douleur des autres, plus doux, plus humain ?

Il y a aussi cette dimension de lien qu’on découvre souvent dans l’épreuve. On se rend compte qu’on n’est pas seul, que d’autres ont traversé la même chose, que le partage de nos fragilités nous rapproche parfois plus que le partage de nos réussites.

Alors peut-être que le vrai sens à chercher, ce n’est pas « pourquoi cette souffrance m’arrive-t-elle », mais « qu’est-ce que je vais en faire, et qui vais-je devenir à travers elle ».

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